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Deux vies d’altitude : quand Éric Fouchard passe du record aérien à l’engagement citoyen

Ce qui relie un exploit d’ULM à 4 000 mètres et une présidence d’association française à Lomé, c’est une même ligne de conduite : ne jamais reculer devant l’effort. Retour sur une trajectoire peu ordinaire, celle d’Éric Fouchard, franco-togolais passé des risques du vide à ceux de la vie civique.

Au milieu des années 1990, dans le ciel togolais, un engin improbable – un ULM pendulaire motorisé par un Rotax 503, habituellement réservé aux mobylettes – défie les lois de la physiologie. À son bord, Éric Fouchard et son passager Jean-Claude Christophe. Objectif : grimper à 4 000 mètres sans aucune assistance respiratoire.

À cette époque, l’aviation légère reste un monde artisanal, et l’appareil, rudimentaire, n’a rien d’un avion de record. Pourtant, les deux hommes réussissent. Le froid cinglant, l’air qui se raréfie, la pression sur les poumons : tout les pousse à rebrousser chemin, mais ils tiennent. Ce record d’altitude en biplace pendulaire reste comme une prouesse isolée, presque irréelle, signée par un passionné qui n’avait pas peur du ridicule technique.

Aujourd’hui, Éric Fouchard ne pilote plus d’ULM. Il préside l’UFE Togo (Union des Français de l’Étranger), une structure ancrée dans le quotidien de la communauté française du pays. Son cheval de bataille: soutenir la liste « L’Afrique au cœur » menée par Jean-Philippe Maizoué, lui aussi ancien du Togo. L’objectif est électif, associatif, concret – bien loin des nuages.

Pourtant, l’esprit est le même. L’audace d’hier devient persévérance associative. La maîtrise du risque aérien se mue en gestion des dossiers consulaires et des dynamiques communautaires. Et si l’altitude a changé – de quatre mille mètres au niveau de la mer –, la hauteur de vue, elle, reste constante.

Ce qui frappe dans ce parcours, c’est la dualité assumée. D’un côté, l’exploit solitaire, presque absurde, accompli dans un silence d’altitude. De l’autre, le travail de fourmi citoyen, fait de réunions, de courriers et de mobilisation électorale. Mais dans les deux cas, il s’agit de repousser des limites : celles de l’oxygène ou celles de l’indifférence politique.

Éric Fouchard n’a pas changé. Il a seulement posé son ULM pour enfiler une autre casquette. Et si son record des années 1990 inspire encore la jeune génération de pilotes togolais, son engagement d’aujourd’hui leur murmure une autre leçon : après les cieux, il faut aussi savoir s’occuper de la terre.

Xolase

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