
Les employés du secteur des banques et assurances, ont exprimé leurs revendications ce vendredi 1er mai 2026 à l’occasion de la Fête internationale du travail. A l’initiative du SYNBANK et du SYNASSUR, ils ont défilé dans les rues de Lomé avant de se rassembler au siège de BIA-Togo où ils ont adressé une série de demandes claires à leurs employeurs, sous le thème : « Dialogue social et travail décent, des facteurs de paix, de cohésion nationale et de développement ».
Contre les contrats précaires : l’appel à des réformes immédiates
Première source d’inquiétude dénoncée par les travailleurs : la multiplication des contrats d’intérim dans le secteur financier. Le secrétaire général du SYNBANK, Baba Awoula Yati, a pointé du doigt un dispositif qui « ne garantit pas les clauses de confidentialité des informations financières et précarise les emplois ».

Les syndicats exigent des réformes concrètes pour sécuriser les parcours professionnels et une meilleure application des textes existants, afin de mettre fin à une instabilité jugée préjudiciable à la fois pour les salariés et pour la santé des institutions.
Formation et protection sociale : deux exigences non-négociables
Face aux mutations rapides du secteur, les représentants des employés ont plaidé pour la création d’un fonds commun de renforcement des capacités, alimenté par le patronat, afin de former les salariés aux nouveaux outils de gestion et de maîtrise des risques. Ils réclament également l’application stricte des principes législatifs relatifs à l’assiette des cotisations salariales pour l’Assurance maladie universelle (AMU) , dénonçant des pratiques qui fragilisent la protection sociale des travailleurs.
Le secrétaire général du SYNASSUR, Ico Comlan Mabudu, a profité de la tribune pour exprimer son soutien aux employés victimes de licenciements, notamment au sein de SUNU Bank Togo, et a appelé les directions à privilégier l’humain dans leurs décisions de restructuration.
Crédits à risque et gestion : les syndicats alertent les dirigeants
Autre alerte lancée au patronat : la montée inquiétante des créances douteuses. Selon Baba Awoula Yati, « le taux brut de dégradation du portefeuille de crédit a connu une remontée préoccupante, atteignant 13 % en 2025 contre 7 % en 2024 ». Pour les syndicats, il est urgent que les employeurs renforcent les outils de gestion et redonnent toute sa place à la formation professionnelle, afin d’éviter une déstabilisation du secteur qui pénaliserait en premier lieu les salariés.
Patronat invité à un dialogue sincère et à des actions concrètes
Au fil des discours, une exigence transversale est réapparue : celle d’un dialogue social véritable entre travailleurs, employeurs et autorités. « Sans dialogue sincère, il sera difficile de construire un secteur financier solide et durable », a martelé la coordination syndicale. Les employés attendent désormais des actes, et non plus des déclarations, sur les dossiers de la précarité contractuelle, de la formation mutualisée et de la protection sociale.

En réponse, le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Togo (APBEF-Togo), Guy-Martial Awona, a reconnu les défis du secteur – inflation financière, cybercriminalité, financement de l’agriculture et des PME – mais les syndicats attendent qu’il traduise ces constats en engagements concrets en faveur des personnels.Une marche pour conclure : « Plus d’écoute, plus d’équité ».
La célébration de l’édition 2026 de la fête internationale du travail sonne comme une journée de mobilisation résolue pour les employés du secteur des banques et assurances qui ont quitté la manifestation sur un message clair adressé au patronat : plus d’écoute, plus d’équité, et surtout des actions immédiates pour garantir un environnement de travail juste, stable et formateur – gage, selon eux, de la paix sociale et du développement durable du Togo.
Edoh
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