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L’Amour plus fort que la Solitude: l’AMAETRI célèbre la journée mondiale de la trisomie 21 et appelle à l’inclusion

Pour la 6ᵉ année consécutive, l’Association des Mères Amies des Enfants Trisomiques (AMAETRI) a marqué d’une empreinte indélébile la Journée mondiale de la trisomie 21, célébrée chaque 21 mars à travers le monde. L’organisation a en effet organisé ce samedi à l’Espace les Chevaliers, en bordure de la plage de Lomé, une activité festive placée sous le signe de la convivialité et du plaidoyer.

L’événement organisé en présence de la marraine de l’association, Madame Krystel DICOH et d’autres personnalités, a offert aux enfants trisomiques et à leurs familles une parenthèse récréative loin des routines quotidiennes. Au programme: un moment de partage autour d’un buffet, où petits et grands ont pu savourer un instant de plaisir et de détente.

« Aujourd’hui, 21 mars, journée mondiale de la trisomie 21 placée sous le thème “ensemble contre la solitude”, nous sommes venus à la plage pour gagner deux fois. D’abord, nous parents, pour nous défouler un peu car ce n’est pas facile d’être en charge d’enfants trisomiques ; ensuite, les enfants vont profiter pour découvrir la ville de Lomé, la plage et tous ses atouts », a confié Mme TATCHEIN Agbassi, Présidente de l’AMAETRI.

Un combat pour changer les regards

Au-delà du volet festif, cette commémoration a été une tribune pour sensibiliser le public à la réalité des personnes vivant avec la trisomie 21, un maladie génétique caractérisée par la présence dès la naissance chez le porteur de trois chromoses 21 portant 47 le nombre de chromosomes au lieu 46 chez l’homme. Madame Krystel DICOH, marraine de l’association, a lancé un appel vibrant à la population : « Changez votre regard!Ces enfants sont juste différents. Ils ont simplement un chromosome en plus. Ne les excluez pas. Ce ne sont pas des enfants maudits. Ils ont du potentiel, ils ont quelque chose à nous apporter. L’AMAETRI travaille pour leur inclusion, leur formation et leur intégration pleine dans la vie de tous les jours».

Elle a également souligné les difficultés de visibilité de cette cause au Togo, appelant à l’aide : « Nous avons besoin de soutiens, de mentors, de mécènes pour nous aider à nous faire connaître et rassembler autour de nous le maximum de personnes, qu’elles soient trisomiques ou non, qui veulent apporter leur aide».

Plaidoyer pour un recensement et un centre de prise en charge

La présidente de l’AMAETRI, Mme TATCHEIN Agbassi est revenue sur les défis majeurs à relever, notamment l’absence de données précises sur le nombre d’enfants trisomiques au Togo.

« ….Deux plaidoyers : le premier est le recensement des enfants trisomiques. Le RGHP de 2023 au Togo donne un chiffre global de 10,73 % pour tout handicap confondu, mais il n’y a pas de chiffre spécifique pour les enfants trisomiques. Nous voulons une base de données fiable, connaître le nombre de trisomiques que nous avons au Togo, et pouvoir à terme disposer d’un centre de prise en charge, un toit pour eux, afin de penser à leurs formations socio-professionnelles et à leur insertion», a-t-elle indiqué.

Elle a également dénoncé les préjugés qui pèsent lourdement sur ces enfants et leurs parents: « ..Le plus difficile, c’est le regard des gens, leurs idées négatives et leurs préjugés. Parfois, même dans leurs propres familles, les enfants trisomiques ne sont pas aimés comme ils le devraient. Pourtant, avec de l’amour, on peut découvrir leur potentiel caché».

Une évolution positive grâce aux médias

Après six éditions, la présidente a tenu à saluer les progrès accomplis, notamment grâce au travail des médias.« Au début de cette lutte, on ne trouvait pas les enfants trisomiques. Mais au fil des années et des sensibilisations, beaucoup de parents sortent maintenant avec leurs enfants, soit pour des soins, soit dans les lieux publics. Je dis un grand merci aux médias. Ils ont fait un bon travail de sensibilisation qui a permis que les gens changent un peu leur regard sur ces enfants qui sortent aujourd’hui publiquement», a-t-elle déclaré.

Aux parents qui hésitent encore, elle a lancé une invitation pressante : « Ne cachez pas vos enfants trisomiques. Faites-vous aider dans la prise en charge pluridisciplinaire, en premier lieu la prise en charge affective. L’affection dans la famille les aide énormément».

Cette sortie festive a été l’apothéose des activités inscrites par l’AMAETRI à l’agenda de cette journée mondiale. Le 10 mars dernier, une conférence-débat sur le thème de cette édition 2026, avait déjà permis de mieux comprendre l’isolement que vivent les personnes atteintes de trisomie 21 et leurs familles.

L’AMAETRI tend aujourd’hui la main à toutes les personnes de bonne volonté pour soutenir ses actions, avec un objectif clair : faire reculer la solitude par l’inclusion, et changer définitivement le regard sur la différence.

Koffi

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