
Face à la multiplication des contenus synthétiques et des manipulations numériques, l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) a réussi le jeudi 27 août dernier à Lomé, une vingtaine de professionnels des médias pour une session intensive de formation aux techniques de vérification des faits, première étape d’un programme destiné à outiller la presse togolaise contre la désinformation.
Organisée avec le soutien de l’ABCA, INADES-Formation et FIDEMO, cette initiative répond à une urgence : à l’heure de l’intelligence artificielle générative, une image, une vidéo ou un enregistrement audio ne sauraient plus être considérés comme des preuves irréfutables.
« Depuis l’avènement de l’IA générative, le journaliste ne peut plus se fier à une image ou à une vidéo pour diffuser un contenu, ni même à un document ou à un son, car nous sommes envahis par des contenus synthétiques, » a alerté Emmanuel Elolo Agbenowossi, chercheur au laboratoire Diplofondation de l’Université de Malte et président du chapitre togolais d’Internet Society, qui animait la formation.
Pour le formateur, l’enjeu dépasse le simple cadre de l’information: « Dans des contextes sensibles, notamment sécuritaires, ces documents manipulés peuvent causer des tensions. Il est donc vital de fournir aux journalistes indépendants du Togo les armes adaptées à cette nouvelle ère de l’information».
Du réflexe au geste professionnel : la méthodologie du fact-checking
Le fact-checking ou vérification des faits, ne se résume pas à un outil, mais à une démarche rigoureuse. « C’est donner aux journalistes la capacité d’authentifier un document, une vidéo, une déclaration, et de ne pas se fier à ce qu’ils voient, mais de poser des questions au-delà de l’apparence, » a détaillé l’expert en gouvernance numérique.

Les participants ont été formés sur outils numériques et méthodes pratiques de vérification des faits à l’ère du numérique. Concrètement, ils ont appris à:
· Identifier et utiliser les principaux outils numériques de vérification (recherche inversée d’images, analyse des métadonnées, détection de deepfakes);
· Détecter les contenus manipulés ou trompeurs générés par l’IA:
· Vérifier la fiabilité et l’origine des sources en ligne.· Maîtriser la chaîne de vérification : collecte, recoupement, et publication responsable;
· Intégrer les enjeux éthiques et déontologiques liés à la lutte contre la désinformation.
Une campagne de sensibilisation et une seconde phase en vue
Au-delà de l’aspect pédagogique, ce projet dénommée Médias fact-tcheking et Lutte contre la désinformation, inclut une campagne de sensibilisation du public, via la production et la diffusion de contenus vérifiés, afin d’instaurer un cercle vertueux de confiance dans l’information.
La seconde phase de cette formation est déjà fixée: ce 1er septembre 2026, elle réunit à nouveau vingt journalistes autour du thème « Le journalisme face à la désinformation : enjeux démocratiques et éthiques ». Une manière d’ancrer durablement la rigueur factuelle dans les pratiques médiatiques togolaises, alors que la frontière entre réel et synthétique n’a jamais été aussi ténue.
La rédaction
Pour vos reportages, annonces et publicités, contactez (00228) 91284171/79910266; E-mail: maximinayena@gmail.com


