
L’hôtel LEBENE à Lomé accueille les 16 et 17 avril 2026, la première édition des Journées du Secteur Privé de la Santé au Togo (JSPST) mettant les acteurs privés au cœur du débat sur l’Assurance Maladie Universelle (AMU). L’enjeu : transformer une ambition nationale en réalité accessible à tous les Togolais.
C’est une reconnaissance officielle : sans le secteur privé, l’AMU ne pourra pas atteindre ses objectifs. Saluant le rôle central des cliniques, pharmacies et laboratoires privés dans la couverture sanitaire du pays, le ministre de la Santé, de l’hygiène publique, de la couverture sanitaire universelle et des assurances, Jean-Marie Koffi Ewonoule Tessi, a ouvert ce jeudi 16 avril les travaux de cet événement historique.
« L’Assurance Maladie Universelle ne peut reposer sur la seule action de l’État », a-t-il martelé dans son intervention, appelant à une « synergie d’action » entre secteurs public et privé.
60 % de l’offre de soins, 80 % des produits de santé : le privé, pilier silencieux
Le président de la Plateforme du Secteur Privé de la Santé (PSPS-TOGO), le Dr Innocent KPETO, a donné des chiffres éloquents, issus d’une étude ministérielle de 2022 : plus de 60 % de l’offre de soins au Togo provient du privé, 80 % des produits et technologies de santé sont assurés par des acteurs privés.

Face à cette réalité, l’État ne peut plus considérer le privé comme un simple complément. Il devient un partenaire stratégique de la mise en œuvre de l’AMU, lancée en janvier 2024.
De la création en 2015 à une ambition ouest-africaine
Créée en 2015 avec l’appui de l’USAID et de la Banque mondiale, la PSPS-TOGO a mûri. Elle a même impulsé la Fédération Ouest-Africaine des Plateformes du secteur privé de la santé (FOASPS), présente aujourd’hui dans 11 pays.
Pour le Dr KPETO, l’objectif est clair : faire de Lomé la capitale africaine de l’Assurance Maladie Universelle.
Des défis à relever: structures illégales et données manquantes
Le ministre Tessi a insisté sur « l’éthique et la qualité » des soins. Le Dr KPETO a dénoncé l’existence de « structures illégales et hors normes », appelant à un « assainissement » du secteur via une cartographie et une labellisation des formations sanitaires.

Autre chantier : la fiabilité des données. La PSPS-TOGO prépare une note conceptuelle pour intégrer les données du privé dans le système national d’information sanitaire. Objectif : des politiques de santé fondées sur des preuves.
Une feuille de route concrète
Au-delà des discours, les deux jours de travaux vont déboucher sur des « engagements concrets et durables ». Le gouvernement, de son côté, poursuit le renforcement de l’offre publique (unités de soins périphériques, modernisation des centres de référence). Mais pour le ministre, la clé reste la mobilisation de tous : « La santé est le trésor le plus précieux et le plus facile à perdre ».
Avec 60 % des soins déjà assurés par le privé, ce trésor a désormais besoin d’un régulateur commun : l’AMU portée par un État et des acteurs privés marchant main dans la main.
La rédaction
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