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Gestion intégrée des espaces naturels au Togo : une étape décisive pour concilier conservation et développement

Avec le lancement officiel du partenariat renforcé Togo–Team Europe, à Sokodé le 3 juin 2026, le pays franchit un cap majeur vers une gestion intégrée et efficiente de ses aires protégées. Alliant protection de la biodiversité et création de valeur économique locale, ce nouveau cadre d’action illustre la volonté de faire des écosystèmes un levier de développement durable.

Le Togo dispose d’un capital écologique exceptionnel – parcs nationaux, réserves forestières, zones humides – aujourd’hui menacé par le braconnage, l’expansion agricole non maîtrisée, le surpâturage, les feux de brousse ou encore les effets du changement climatique. Face à ce constat, une réponse institutionnelle structurée vient d’être franchie, marquant un tournant dans la gestion des espaces naturels.

Placé sous l’autorité du ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, le Programme d’Appui à la Lutte contre le Changement Climatique, la Protection de la Biodiversité et l’Agroécologie (PALCC+/INCLURE) constitue l’outil opérationnel de cette avancée. Soutenu par l’Union européenne et le Grand-Duché de Luxembourg via l’initiative NaturAfrica, il cible trois aires protégées emblématiques – Fazao-Malfakassa, Abdoulaye et Togodo – avec un objectif clair : instaurer une gestion intégrée et efficiente, où la conservation ne se fait plus au détriment du développement, mais en synergie avec lui.

La cérémonie de lancement du partenariat renforcé entre le Togo et la Team Europe, le 03 juin dernier, en présence de parlementaires, préfets, maires et autorités locales, a ouvert une tournée de deux jours dans la région centrale. Au-delà du symbole, cet engagement concrétise une gouvernance environnementale placée au cœur des politiques publiques, au service d’une économie verte inclusive et résiliente.

Pour y parvenir, cinq axes stratégiques complémentaires ont été définis:

1. Dialogue politique et technique – Harmonisation des stratégies de conservation et d’adaptation climatique entre le Togo, l’UE et le Luxembourg.

2. Gestion et surveillance des parcs – Renforcement des moyens de contrôle, investissements dans les infrastructures et restauration des zones dégradées.

3. Solutions écosystémiques – Reboisement, agroécologie et régénération des sols pour atténuer les effets du climat.

4. Économie verte inclusive – Création de chaînes de valeur durables dans l’écotourisme, les forêts communautaires et les emplois verts.

5. Gouvernance locale – Implication des collectivités dans la gestion des déchets et la promotion de l’économie circulaire.

Comme l’a rappelé le ministre de l’Environnement, les aires protégées ne doivent plus être perçues comme des sanctuaires isolés, mais comme de véritables leviers économiques et sociaux. « Protéger la biodiversité, c’est investir dans un accélérateur de développement local », a-t-il insisté, soulignant le potentiel de l’écotourisme et des emplois verts pour dynamiser les communautés rurales.

Cette approche intégrée a été immédiatement mise à l’épreuve du terrain. La délégation conjointe s’est rendue dans le parc Fazao-Malfakassa, où elle a échangé avec les brigades de surveillance. Pour matérialiser son appui, la Team Europe a remis des véhicules et des motos destinés à renforcer la lutte contre le braconnage et autres menaces environnementales. « Notre soutien vise un triple impact : protéger une biodiversité unique, combattre le dérèglement climatique et générer des emplois verts durables pour la jeunesse », a déclaré un représentant européen.

La première journée s’est achevée par l’inauguration de l’antenne régionale du bureau PALCC+/INCLURE, suivie d’une opération de reboisement – s’inscrivant dans la campagne nationale lancée le 1er juin pour restaurer le couvert végétal à grande échelle.

Au-delà de la stricte conservation, ce partenariat Togo–Team Europe entend bâtir une économie verte capable de générer des revenus durables. L’écotourisme, les filières forestières communautaires et la valorisation des déchets constituent autant de niches porteuses. En intégrant les collectivités locales et les jeunes, cette stratégie transforme la protection de la nature en opportunité économique et sociale.

Ce pacte environnemental traduit une conviction partagée : la biodiversité n’est pas seulement un héritage à préserver, mais un socle pour l’avenir. En franchissant cette étape décisive dans la gestion intégrée et efficiente de ses espaces naturels, le Togo construit un modèle où l’écologie devient moteur de croissance, d’inclusion et d’espoir pour les générations futures. La coopération avec la Team Europe marque ainsi une avancée majeure dans la transition écologique du pays.

La rédaction

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