Face aux nouvelles stratégies de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme en Afrique, les professionnels de la conformité des systèmes financiers, ont également besoin de nouvelles approches pour aborder le phénomène de la corruption et les infractions assimilées.
C’est dans ce contexte que la deuxième Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers au Togo (GRCROT2) s’est ouverte hier à l’hôtel 02 février à Lomé et pour deux jours. Objectif, outiller les professionnels de la conformité des systèmes financiers sur les dispositifs de Lutte Contre le Blanchiment des Capitaux, le Financement du Terrorisme (LBC/FT).
600 Compliance et Risk officers de 42 nationalités participent à cette deuxième édition organisée par l’Association Togolaise des Compliances Officers (ATCO), avec le soutien de ses partenaires, à l’instar de la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA), du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) et l’Afrika Compliance Academy (ACA).
Le thème retenu est: « Conformité, Risque et Audit : Les garanties d’un système financier résilient, face au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme en Afrique », une problématique qui renvoie aux défis que pose la criminalité transnationale organisée, qui use de stratagèmes, ingénieux et opaques, à des fins d’utilisation abusive du système financier pour recycler l’argent sale produit par leurs activités illicites.
En effet, les structures d’entreprise opaques permettent aux criminels de dissimuler leurs activités illicites ainsi que leurs avoirs, derrière des façades légales. Les pertes financieres annuelles liées à ces activités illicites sont en nette augmentation. D’après la Banque africaine de développement (BAD), elles sont passées de 50 milliards $ en 2020 à 90 milliards en 2025, soit l’équivalent de 3,7 % du PIB africain.

“Nous devons nous doter des politiques, des procédures et des mesures de contrôle formalisés permettant d’identifier , d’atténuer et de gérer efficacement les risques LBC-FT et les mettre régulièrement à jour”, a déclaré, le Président du Comité d’organisation, NIikada Batchoudi, Président de l’Association Togolaise des Compliance Officers et promoteur de l’événement, dans son intervention marquant la session d’ouverture des travaux.
Exprimant sa gratitude à S.E Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil de la République Togolaise pour son engagement et sa lutte acharnée contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destructions massives sur notre continent, ce dernier a également insisté sur l’obligation de vigilance des Compliance et Risk Officers.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’économie et des finances, Georges Essowè Barcola, a pour sa part souligné les conséquences néfastes du fléau de la corruption, du blanchiment d’argent et des infractions assimilées sur le développement en Afrique.Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, « L’Afrique a perdu plus de 1000 milliards de dollars en flux financiers illicites ces cinquante dernières années », a-t-il rappelé, avec le souhait que la GRCROT2 accouche d’une déclaration officielle proposant des pistes d’actions concrètes.
On notait la présence de plusieurs personnalités, en l’occurrence M. ABA kimelabalo, Président de la HAPLUCIA, partenaire de l’événement, de M. Edwin W. Harris, JR, Directeur Général du GIABA, de M. Edoh Kossi AMENOUNVE, Directeur Général de la BRVM , Institution à l’honneur de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers 2025, de M. Sande Fatola, Président du Réseau Ivoirien du Management de Risques et Assurance d’Entreprises (RIMRAE), du Président de la CENTIF-TOGO, ainsi que de Directeurs Généraux des Banques et institutions financières.
Deux panels sur les Etats à l’épreuve de la liste crise du Groupe d’Action Financière (GAFI) et la coopération entre les Etats en matière de LBA/FT, ont meuble la première journée. Le déroulé du programme se poursuit ce jour avec trois autres panels, respectivement sur les signaux d’alerte pour le blanchiment des capitaux et financement du terrorisme, la conformité et les sujets émergents, et l’établissement d’une cartographie des risques.
Edoh
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