
La 14ᵉ édition de la Foire Adjafi a offert, ce mercredi, un véritable laboratoire d’idées pour l’entrepreneuriat local. À l’occasion de la quatrième Journée des communes, sept municipalités – Agoè-Nyivé 1, Golfe 1, Golfe 3, Golfe 5, Golfe 6, Zio 1 et Zio 2 – ont dévoilé leurs stratégies pour faire des collectivités des moteurs de développement économique, et non plus de simples administrateurs.
Sous le thème « Les communes, partenaires stratégiques des jeunes entrepreneurs pour une agro-transformation compétitive, créatrice d’emplois et orientée vers l’exportation », cette journée a tranché avec les discours convenus. L’enjeu : transformer les terroirs en tremplins vers les marchés internationaux, en passant par un accompagnement concret et territorialisé.
Des défis qui appellent des réponses locales
Les discussions ont vite ciblé les véritables freins à l’essor des jeunes pousses : accès difficile aux infrastructures, lourdeurs administratives, financements opaques et manque de réseaux. Autant d’obstacles que les communes entendent désormais lever, en se positionnant comme des facilitateurs de terrain.
Des élus engagés, pas seulement des orateurs
Pierre Yaogan Kalevi Akbabu, conseiller municipal de Zio 1, a martelé un message clair : « Nous devons créer des structures de formation et ouvrir les portes des institutions de financement. » Il a aussi interpellé les jeunes sur leur propre rapport à l’investissement, les invitant à privilégier l’outil de production plutôt que les dépenses superficielles. Un appel à la maturité entrepreneuriale, loin des clichés sur la jeunesse.
Agoè-Nyivé 1 : un incubateur pour ancrer l’ambitionPeyebinesso Limazie, premier adjoint au maire, a présenté l’initiative phare de sa commune : un centre communal de l’entrepreneuriat, véritable incubateur destiné à structurer les projets, former les porteurs et faciliter la levée de fonds. « Construire un incubateur, c’est offrir une bouée de sauvetage avant même que les jeunes n’aient besoin de chercher des financements », a-t-il souligné, rappelant que l’appui communal dépasse le simple chéquier.
Des moyens invisibles, mais bien réels
Contrairement à une idée reçue, les communes ne manquent pas de ressources pour agir. Leurs actions – infrastructures, espaces dédiés, programmes de formation – constituent des investissements structurants, souvent plus durables que des subventions ponctuelles. L’enjeu est désormais de rendre ces dispositifs plus lisibles et accessibles.
Un bilan lucide, mais prometteurEn clôture, le modérateur Lètou Kayo a résumé l’esprit de cette journée : « Notre objectif était de créer des ponts solides entre le privé et les collectivités. » Interrogé sur les résultats, il a livré une note de 7 sur 10, témoignant à la fois de la dynamique enclenchée et des marges de progression.
Une dynamique à consolider
Cette édition 2026 confirme une tendance de fond : les communes togolaises ne sont plus en retrait. En misant sur l’agro-transformation, la formation et l’infrastructure, elles jettent les bases d’un écosystème favorable à l’innovation. Reste à pérenniser cette synergie, pour que les réussites individuelles deviennent des succès collectifs durables.
Adjafi 2026 ne se contente pas de célébrer l’entrepreneuriat ; elle en redéfinit les règles du jeu, en plaçant les communes au cœur d’une stratégie de développement inclusive et tournée vers l’avenir.
La rédaction
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