A la une Société

Désencombrement des trottoirs du Grand Lomé : le MMLK veut le report jusqu’au 31 janvier prochain

Le gouvernement a annoncé la libération des emprises des voies publiques au plus tard le 20 novembre. Le MMLK, organisation de défense des droits des populations vulnérables, dit avoir pris acte de cette décision. Il reconnaît même son « bien-fondé » : trottoirs encombrés, piétons contraints de marcher sur la chaussée, risques d’accidents graves. La loi doit être respectée, concède-t-il.

Mais dans un communiqué daté du 3 novembre 2026, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) demande un sursis de trois mois, jusqu’au 31 janvier 2027, et pose une question que l’ultimatum du 20 novembre laisse entière : pourquoi tant de commerçants occupent-ils les trottoirs ? Sa réponse : la spéculation immobilière et les cautions locatives abusives.

L’organisation refuse ainsi que l’ordre public se règle dans la précipitation. Elle plaide pour un report de trois mois, de novembre 2026 au 31 janvier 2027. Un sursis qui, selon elle, permettrait d’éviter une double injustice : condamner des familles à la misère en pleine période de fin d’année, et ignorer la cause profonde de l’occupation anarchique.

Un ultimatum légitime, un calendrier contesté

Le MMLK ne se pose pas en défenseur de l’anarchie. Il l’affirme clairement : « Loin de défendre l’anarchie et le non-respect de la chose publique au profit des occupants illégaux », le mouvement entend défendre « une justice sociale qui concilie ordre public et survie des populations vulnérables ».

Son premier argument est économique et social. De novembre à janvier, rappelle-t-il, c’est la haute saison commerciale pour des milliers de familles togolaises. Déguerpir maintenant, c’est « condamner toute une année d’investissement et plonger des familles dans la misère ». Le MMLK demande donc que le désencombrement n’intervienne pas « à 45 jours des fêtes de fin d’année ».

La vraie question : pourquoi la rue ?

C’est en celà que le communiqué prend tout son sens. Le MMLK refuse de s’arrêter au symptôme. « Il faut avoir le courage de poser la vraie question », écrit-il. Pourquoi des commerçants occupent-ils la voie publique ? Parce que les frais de location des magasins et boutiques sont devenus « exorbitants et inaccessibles ».

L’organisation pointe une contradiction entre la loi et la pratique. La loi togolaise fixe la caution à trois mois maximum, rappelle-t-elle. Mais sur le terrain, des propriétaires exigent un an, parfois deux ans de caution. Une « violation flagrante » que le gouvernement n’arriverait pas à faire respecter. C’est cette spéculation immobilière qui pousserait « nos sœurs et nos frères vers la rue ».

La caution de trois mois, loi morte sur le terrain

En déplaçant le débat du trottoir vers le bail commercial, le MMLK change la nature du dossier. Le désencombrement n’est plus seulement une opération de police administrative. Il devient un test de cohérence pour l’exécutif : peut-on exiger le respect du domaine public sans faire respecter la loi sur les cautions ?

Le mouvement ne demande pas l’abandon des opérations. Il demande que le sursis soit mis à profit pour agir sur trois fronts : faire respecter le plafond légal de trois mois de caution, identifier et aménager des sites de recasement « viables et accessibles », et mener une véritable campagne de sensibilisation et d’information.

Trois mois pour préparer, pas pour reporter

Le MMLK insiste : les occupants illégaux actuels doivent savoir que l’occupation anarchique « ne peut être éternelle ». Le sursis n’est donc pas un blanc-seing. C’est, dans son esprit, une période de transition pour éviter un choc social et préparer des alternatives crédibles.

Le mouvement rappelle aussi que la fermeté doit s’accompagner de « mesures d’accompagnement ». Sans sites de recasement accessibles, sans application de la loi sur les cautions, sans information préalable, le déguerpissement risque de déplacer le problème plutôt que de le résoudre.

Un test de cohérence pour l’exécutif

À trois semaines de l’échéance du 20 novembre, la balle est désormais dans le camp du gouvernement. Maintenir l’ultimatum au risque d’un bras de fer social en pleine saison commerciale, ou accorder trois mois en s’attaquant enfin aux causes économiques de l’occupation des trottoirs.

Pour le MMLK, la réponse à cette question dira si le désencombrement du Grand Lomé est une simple opération de nettoyage ou une politique de justice sociale. « Le désencombrement, oui. Mais pas dans la précipitation », résume le mouvement. Reste à savoir si l’exécutif entendra cet appel au sursis — et surtout, s’il fera de la loi sur les cautions une réalité.

Edoh

Pour vos reportages, annonces et publicités, contactez (00228) 91284171/79910266; E-mail: maximinayena@gmail.com

Vous aimerez aussi

Société

Togo: CEDS-CANADA apporte une bouffée d’oxygène aux populations vulnérables de la Région Maritime

Dans le cadre de sa mission humanitaire, le Centre d’Entraide et de Développement Social (CEDS-CANADA) a organisé le 16 mai
Société

Togo-Théo Ananissoh : Ce que nous dit le “clash” d’Aamron

Alors que le Togo traverse une phase politique tendue, marquée par le passage controversé à une Cinquième République imposée sans