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Réadaptation physique: le CICR lance le PERAF et veut faire de Lomé, un hub académique régional

Le ministre de la santé, de l’hygiène publique, de la couverture sanitaire universelle et des assurances, Jean-Marie Ewonoulé Tessi, a présidé ce mardi 3 novembre à Lomé, l’ouverture de la Conférence régionale sur la promotion et l’intégration de la réadaptation physique dans les systèmes de santé en Afrique francophone, couplée au lancement officiel du Projet d’Éducation en Réadaptation pour l’Afrique Francophone (PERAF).

Faire de la réadaptation un droit effectif et une composante à part entière des systèmes de santé, tel est l’objectif de cette rencontre à laquelle prennent part des délégations de huit pays partenaires, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire,le Mali, la République centrafricaine, la RDC et le Togo.

Un déficit sanitaire majeur

Le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Ewonoulé Tessi, ouvrant les travaux, a estimé que la qualité d’un système de santé se mesure aussi à sa capacité d’accompagner le rétablissement et l’autonomie des patients.

“La réadaptation physique demeure aujourd’hui l’un des domaines dans lesquels le décalage entre les besoins des populations et les capacités de réponse des systèmes sanitaires reste particulièrement préoccupant”, a-t-il déclaré, en présence notamment du ministre délégué en charge de l’enseignement supérieur, Gado Tchangbédji, de Mme Maria Soleded Rueda Garcia, cheffe de délégation du Comité International de la Croix-rouge et du représentant résident de l’OMS au Togo, du secrétaire général du ministère des solidarités et du PCA de la Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées (FETAPH).

Les chiffres rappelés sont préoccupants : plus de 210 millions d’Africains auraient besoin de services de réadaptation, alors qu’au moins 63 % n’y accèdent pas. La pénurie de professionnels qualifiés, l’insuffisance des infrastructures et la faible reconnaissance de certains métiers, notamment celui d’orthoprothésiste, limitent la réponse.

Le PERAF pour former des experts

Porté par le CICR, le PERAF veut renforcer durablement les capacités de formation dans l’espace francophone. Il prévoit notamment un master en sciences des prothèses et orthèses à Lomé, destiné à former des experts cliniciens et des enseignants capables de transmettre à leur tour des compétences spécialisées. Sur cinq ans, le projet accompagnera aussi le renforcement institutionnel d’établissements partenaires au Togo et au Mali.

Le CICR a rappellé coopérer avec l’Ecole Nationale des Assistants Médicaux de Lomé (ENAM-L) depuis 23 ans et être présent au Togo depuis 51 ans.

Lomé, hub académique

Avec l’ENAM-L, l’Université de Lomé et Human Study, l’objectif est de faire du Togo, un hub académique de référence pour la formation supérieure en prothèses et orthèses en Afrique francophone.

“Notre ambition doit être celle d’une réadaptation pour tous : pour les enfants comme pour les adultes, pour les filles comme pour les garçons, pour les femmes comme pour les hommes, pour les personnes âgées, aussi bien dans la densité de nos milieux urbains et nos grandes cités que dans nos zones rurales et nos communautés les plus reculées”, a insisté la cheffe de délégation du CICR au Togo, saluant la forte présence du gouvernement togolais, à l’ouverture des travaux qui se tiennent jusqu’au 06 novembre prochain.

Intégrer la réadaptation aux politiques publiques

Au-delà de la formation, le PERAF entend promouvoir la reconnaissance des professions de la réadaptation, leur intégration dans les systèmes nationaux de santé et une meilleure prise en compte dans les politiques publiques, notamment dans le cadre de la couverture sanitaire universelle. Le ministre togolais a insisté sur la nécessité de dépasser les initiatives dispersées pour construire une dynamique régionale fondée sur la mutualisation des compétences et l’appropriation africaine.

Une exigence de dignité

Pour le CICR, la réadaptation ne se résume pas à la fourniture de prothèses ou d’orthèses : elle englobe des soins qui permettent de préserver ou de retrouver son autonomie. Le ministre Jean-Marie Ewonoulé Tessi, a conclu en rappelant qu’« une société qui investit dans la réadaptation contribue à préserver l’autonomie » et que l’accès de tous à ces services fait progresser la dignité humaine. Les travaux devraient déboucher sur des propositions réalistes, des partenariats renforcés et des feuilles de route nationales.

Maxime

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