
L’éducation comme rempart contre la corruption: tel est le message fort qui a marqué l’ouverture ce mardi 25 août à Lomé de l’atelier de validation des outils pédagogiques sur l’intégrité, organisé par la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA).
Cet atelier, qui se tient au Centre d’Excellence Régionale sur les Sciences Aviares (CERSA) à l’Université de Lomé, vise à examiner et valider 34 projets de manuels destinés à intégrer la lutte contre la corruption et la promotion de l’intégrité dans les programmes scolaires, du préscolaire à l’enseignement technique, en passant par l’alphabétisation.
L’École, premier laboratoire de l’éthique
Dans son discours d’ouverture, en présence notamment du représentant du ministre de l’éducation nationale, le Président de la HAPLUCIA, M. ABA Kimélabalo, a placé l’enseignant au cœur du dispositif.
Soulignant que la corruption ne saurait être combattue uniquement par la répression, il a déclaré: « La prévention doit agir en amont, elle doit contribuer à former les consciences, à façonner les comportements et à inculquer dès le jeune âge, le sens du bien et de la responsabilité».
Des outils pour une « culture d’intégrité »
M. Kimélabalo a insisté sur la nécessité de dépasser le simple apprentissage théorique pour développer une véritable « culture de l’intégrité ». Les outils pédagogiques validés devront permettre aux apprenants de comprendre les manifestations de la corruption, d’en mesurer les conséquences et d’adopter des comportements responsables face aux situations à risque.

« L’objectif n’est pas de produire des documents qui resteront dans les bibliothèques. Notre ambition est de mettre entre les mains des éducateurs des outils vivants, utiles et opérationnels, » a-t-il affirmé, invitant les participants à faire de cette rencontre de 4 jours, un espace d’échange constructif.
Il a également rendu hommage au Président du Conseil pour sa « vision et son engagement constant en faveur de la bonne gouvernance, du civisme et de la promotion des valeurs républicaines », qui donnent tout son sens à cette ambitieuse réforme éducative.
Méthodologie et déploiement : un passage à l’échelle
L’inspecteur général de l’éducation, Sena Koffi Agbozoh, a détaillé la méthodologie adoptée pour la finalisation de ces outils. Un pré-test a été mené dans deux établissements pilotes (un lycée technique et professionnel et un lycée général) afin d’ajuster les contenus.
Cette phase expérimentale a permis de capitaliser sur les retours de terrain, notamment grâce aux initiatives innovantes des établissements comme les lycées techniques de Lomé et de Kara, ou encore les lycées de Légbassito et Kara Sud. Leurs expériences ont été saluées par le président de la HAPLUCIA.
Fort de ce succès, l’année 2026 marque un tournant décisif. L’ambition est désormais de généraliser le dispositif sur l’ensemble du territoire national. « Entre 800 et 2 000 établissements seront concernés sur l’ensemble du territoire, de la maternelle au secondaire technique, » a confié l’inspecteur général, aux professionnels des médias.
Le sport, vecteur d’apprentissage
L’intégration de l’éthique ne se limitera pas aux salles de classe. Des disciplines comme le sport seront mobilisées pour inculquer le respect des règles. M. Agbozoh a cité l’exemple du lancer de poids, utilisé comme support pour enseigner le refus de la triche et l’importance de l’équité.
Cet atelier de validation, qui réunit experts en développement curriculaire, enseignants, membres de la HAPLUCIA et membres du comité multisectoriel de supervision et d’orientation du projet et de ses sous-commissions techniques, bénéficie du soutien technique et financier de partenaires comme l’ONUDC et la République fédérale d’Allemagne.
Edoh
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