Lancée en décembre 2024 par le ministère de la Justice et des Droits humains, la réforme visant à simplifier l’obtention du certificat de nationalité au Togo fait l’objet d’un premier état des lieux. Ce bilan présenté ce mardi 31 mars à Lomé par la Direction du sceau, de la nationalité et de l’identité civile, révèle des avancées significatives, mais aussi des obstacles persistants, principalement liés à des pratiques illégales et à des difficultés techniques.
Un document essentiel pour les citoyens
Véritable clé d’accès à de nombreux droits, le certificat de nationalité établit le lien juridique entre un citoyen et l’État. Il est indispensable pour obtenir une pièce d’identité, accéder à certains emplois publics ou bénéficier d’une protection consulaire à l’étranger. « C’est un document fondamental », a rappelé Me Tchamdja Kpatcha Kobauyah, directrice du sceau, de la nationalité et de l’identité civile.
Le certificat de nationalité établit le lien juridique entre le citoyen et l’État. Il conditionne l’accès à plusieurs droits essentiels, notamment l’obtention d’autres pièces d’identité, l’accès à certains emplois publics ou encore la protection consulaire à l’étranger.
Les chiffres témoignent d’une forte adhésion. Depuis le lancement de la plateforme digitalisée, 165.657 demandes ont été enregistrées, dont 127.791 déjà traitées, selon Bocco Ben, responsable de la cellule informatique du ministère. Au total, 159.299 certificats originaux et plus de 699.000 duplicata ont été délivrés.
Des freins techniques et comportementaux
Malgré ces résultats, la réforme se heurte à plusieurs obstacles. Les problèmes de connexion Internet et, surtout, le recours massif à des intermédiaires illégaux — centres de services Internet ou particuliers — ralentissent considérablement le traitement des dossiers. De nombreux usagers ne créent pas leur propre compte, manquant ainsi les notifications automatiques essentielles pour suivre leur demande.
Cette situation a entraîné un important arriéré : 20 555 dossiers validés mais non déposés, 17 311 dossiers nécessitant des corrections, et 37 866 notifications restées sans réponse. Face à ce constat, Me Tchamdja Kpatcha Kobauyah a insisté sur la nécessité pour les citoyens de suivre scrupuleusement la procédure et d’utiliser leurs propres comptes afin de bénéficier d’un suivi efficace.
Des correctifs en cours
La Direction de la nationalité indique avoir déjà procédé à une mise à jour de la plateforme, et des améliorations continues sont prévues pour stabiliser le système. Par ailleurs, des mesures plus rigoureuses sont en préparation pour résoudre durablement les dysfonctionnements.
Afin d’évacuer les dossiers en attente, les noms des requérants seront affichés d’ici le 15 avril dans les centres de dépôts installés dans les préfectures sur l’ensemble du territoire. Les usagers sont invités à s’y rendre pour consulter ces listes.
Une campagne nationale de sensibilisation à venir
Pour remédier aux blocages, la Direction de la nationalité prévoit également une campagne nationale d’information. L’objectif est d’accompagner les usagers et de favoriser une meilleure appropriation de l’outil numérique dans toutes les localités.
Malgré les difficultés, l’administration réaffirme sa volonté de moderniser la relation entre l’État et les citoyens. « Les résultats obtenus témoignent d’une dynamique solide et d’une volonté affirmée de rendre l’administration plus efficace et plus transparente », a conclu la directrice, annonçant que de nouvelles améliorations techniques viendront fluidifier le processus.
La rédaction
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