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Cherté de la vie au Togo : le CAR alerte sur l’urgence sociale et prône la cogestion

Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a organisé ce jeudi 30 juillet 2026 sa rencontre mensuelle « Je dis politique « , consacrée à une question qui préoccupe quotidiennement les ménages togolais : la cherté de la vie.

Devant la presse, M. Agouda Agbélenko, Président du Comité de préfecture du CAR dans le Yoto, a présenté un exposé sous le thème évocateur : « La vie chère, que faire ? »

Le parti d’opposition définit ce phénomène comme « la situation où les prix des biens de première nécessité, des denrées alimentaires, des produits de consommation courante, des loyers et des services sont plus élevés par rapport au pouvoir d’achat de la population ». Une réalité que les Togolais vivent au quotidien et qui ne cesse de s’aggraver.

Des exemples concrets qui interpellent

Pour illustrer l’ampleur de la crise, M. Yao Daté, Président du CAR, a pris des exemples frappants : « Le prix du gaz au Togo, c’est presque 9000 FCFA pour 12 kilos. Au Burkina Faso à côté, le même volume est à 6500 FCFA alors que nous voulons lutter contre la déforestation. Pourquoi ne pas réduire ce prix afin que rapidement, les Togolais puissent s’en procurer ? ».

Le président du CAR a également dénoncé la mévente qui paralyse les marchés : « Lorsque vous rentrez dans les marchés aujourd’hui, les femmes, nos sœurs, sont là à scruter le ciel cherchant un éventuel client parce qu’il y a une mévente totale. Alors pour nous au CAR, il était important d’attirer l’attention des dirigeants sur cette situation qui évolue de mal en pire ».

Les causes d’une cherté persistante

Le CAR identifie plusieurs facteurs explicatifs à cette vie chère qui perdure, malgré des indicateurs macroéconomiques affichant un taux de croissance acceptable.Sur le plan politique, le parti évoque une crise politique aiguë sans dénouement depuis plusieurs décennies, l’absence de vision claire identifiant les besoins quotidiens de la population, et un manque de volonté pour placer l’intérêt des citoyens au centre de l’action politique.

Le CAR dénonce particulièrement le détournement économique des crédits alloués au développement. Plusieurs exemples ont été cités : la ZAAP de Glainvié dans le Zio qui demeure non opérationnelle, les fonds COVID de 2020, ou encore les crédits destinés à la construction de la route Lomé-Vogan-Enfoin qui n’auraient pas connu les destinations escomptées.

Au titre des causes sociales, le parti pointe du doigt le manque d’emploi pour les jeunes, l’appauvrissement des terres agricoles entraînant l’exode rural, l’asphyxie des opérateurs économiques provoquant la fermeture des entreprises privées, et le manque de création de richesse.

Le CAR s’interroge: « Comment comprendre que dans le marché d’Assigamé, nos mamans qui faisaient la fierté du pays ne peuvent plus détenir des boutiques à cause du montant élevé des loyers ? » ou encore « Comment comprendre que les paysans qui se sont sacrifiés pour produire voient les prix de leurs denrées chuter ? »

La cogestion : la solution préconisée

Pour le CAR, la solution à cette cherté généralisée passe inévitablement par la « cogestion » du pays. Selon M. Yao Daté, « La situation que nous vivons est due à la dégradation politique. Lorsqu’il y a la stabilité politique dans un pays, tout change un temps soit peu ».

Le parti estime que cette cogestion permettrait de régler durablement la crise politique, limiter la corruption, réduire les détournements et surveiller la gestion des deniers publics.

« Un pays ne peut se développer que par les investisseurs privés. L’État ne développe pas un pays mais trace seulement les grandes lignes. Or les investisseurs privés ne peuvent venir que lorsqu’il y a la stabilité politique. D’où la nécessité de revenir à la proposition du CAR qui est la cogestion de ce pays pour avoir la stabilité politique et permettre de limiter les corruptions et les détournements pour qu’enfin le bien commun soit mieux partagé », a souligné le président du CAR, en présence de M. Padabisse Jean, Vice-président du parti.

Une action concrète auprès de la TdE

En marge de cette problématique de la vie chère, à travers un communiqué lu par M. Gonçalves Vincent, coordinateur des fédérations du parti dans le Grand Lomé, le CAR a informé l’opinion publique qu’une délégation conduite par son Président national a rencontré le mercredi 22 juillet 2026 les responsables de la Togolaise des Eaux (TdE), suite à un courrier relatif à la tarification des compteurs intelligents (Cash power).

La délégation du CAR, ayant remarqué « un problème d’injustice vis-à-vis des abonnés prépayés qu’il faut corriger », a proposé à la TdE de facturer les 5 premiers mètres cubes d’eau à un coût identique à la tranche sociale actuelle du compteur postpayé, afin de « soulager un grand nombre de consommateurs ».

Le CAR a aussi saisi l’occasion pour encourager les militants des partis politiques au Togo à faire sienne la culture du financement des formations politiques, à l’instar de l’opération « 100FCFA par semaine pour le CAR » dans l’optique du 6ᵉ congrès statutaire du parti.

Revenant enfin sur le récent arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO sur la révision constitutionnelle du 06 mai 2024 instituant la Ve République Togolaise, le CAR estime que cette décision a été claire en indiquant que ce changement de régime devait être conduit de manière « consensuelle ».

Edoh

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