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Projet de l’excellence académique, du leadership et de l’employabilité de la fille togolaise: les lauréates 2026 consacrées

L’édition 2026 du Projet de l’excellence académique, du leadership et de l’employabilité de la fille togolaise a vécu son épilogue ce vendredi 18 septembre 2026 à Lomé. Entre émotion, fierté nationale et lucidité sur les défis persistants, la cérémonie de clôture a consacré les lauréates bachelières d’un programme qui, depuis 2017, ambitionne de faire de l’éducation des filles un levier d’autonomisation et d’égalité.

Un dernier acte placé sous le signe de l’engagement public

En présence de ministres, autorités administratives, représentants du système des Nations Unies et de Plan International Togo, cette cérémonie de consécration de la promotion 2026 organisée sous l’égide du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance n’avait rien d’une simple formalité. Il s’agissait de refermer un cycle de mobilisation, de formation et de reconnaissance, tout en rappelant les enjeux structurels qui le sous-tendent.

Madame le Ministre des solidarités, Martine Moni Sankaredja qui avait à ses côtés le ministre délégué en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, Professeur Gado Tchangbédji et Madame le Gouverneur du Grand Lomé, Zouréhatou Kassah-Traoré, a inscrit cette clôture dans une perspective résolument politique: faire de l’éducation des filles un instrument d’autonomisation et, plus largement, un moteur d’égalité entre les sexes.

Elle a relié cette démarche à la vision gouvernementale portée par le triptyque « Protéger, Rassembler, Transformer », qui a inspiré plusieurs mesures incitatives — programme de bourses d’excellence dans les filières techniques, création des Instituts de formation en alternance pour le développement, multiplication des centres de formation professionnelle sur l’ensemble du territoire.

Le bilan chiffré : des avancées réelles, des ombres tenaces

L’heure de l’épilogue est aussi celle du bilan. Pour mesurer le chemin parcouru, la ministre s’est appuyée sur les données de l’annuaire national des statistiques de l’éducation. Le taux de réussite des filles au baccalauréat deuxième partie, série D, est passé de 67,87 % en 2021-2022 — alors inférieur à celui des garçons — à 77 % en 2023-2024, devançant désormais leurs homologues masculins (75,6 %).

Dans l’enseignement technique et professionnel, la progression est tout aussi notable : la part des filles en série F1 est passée de 2,58 % en 2020 à 7,3 % en 2024.

Mais l’exercice de clôture ne pouvait faire l’économie des fragilités. Si la parité est acquise dans le primaire, les écarts se creusent dans les cycles supérieurs et, surtout, dans le choix des filières. Les données 2024-2025 de l’enseignement technique et professionnel le montrent sans ambiguïté : les filles représentent 58,5 % des effectifs en série G2, contre seulement 8 % en série F3. Les filières scientifiques et techniques de pointe demeurent, dans les faits, largement désertées par les jeunes filles.

« Maintenir le cap de l’excellence »

La ministre a transmis aux laureats les félicitations du Chef de l’État et de la nation tout entière. Elle les a invitées à « maintenir le cap de l’excellence » sans se laisser distraire. Un appel à la lucidité a accompagné les encouragements : utiliser les outils technologiques à bon escient, « pour ne pas se détruire et compromettre son avenir », et s’appuyer sur les parents et les services techniques de l’État pour orienter leurs choix.

En récompense de leurs résultats au BAC II, chaque lauréate a reçu un ordinateur portable et une attestation de mérite. Un geste symbolique, mais aussi un outil concret pour poursuivre des études supérieures dans de meilleures conditions.

Un chapitre fermé, un engagement continue

L’’institutionnalisation de cette initiative — portée depuis 2017 avec l’appui constant des partenaires techniques et financiers — dans la Feuille de route gouvernementale 2026-2031 et dans les Objectifs de développement durable 4, 5 et 8, relatifs respectivement à l’éducation de qualité, à l’égalité des sexes et au travail décent, n’est plus à démontrer.

Mais l’épilogue de l’édition 2026 laisse une conviction : il faudra impérativement renforcer les moyens pour « des interventions plus holistiques, et sur la durée » afin maximiser l’impact du programme sur les générations futures.

Ainsi s’achève l’édition 2026. Mais dans les ordinateurs remis, les attestations de mérite et les promesses formulées, commence déjà l’édition suivante : celle des études supérieures, des carrières scientifiques et techniques, et du leadership féminin togolais. L’épilogue n’est pas une fin. C’est un passage de relais.

La rédaction

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