
Le Pavillon Oti du Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF-Togo 2000) a vibré ce jeudi au rythme d’une révélation culturelle majeure. Devant un parterre d’artistes, de mélomanes, d’invités et de journalistes, le promoteur culturel Ariel Dassanou a présenté son ouvrage « Togo : là où commence le reggae, aux racines africaines d’un rythme mondial », une œuvre qui bouscule les certitudes établies sur les origines de ce genre musical planétaire.
Invité spécial de la Direction générale du CETEF dans le cadre de son programme littérature, l’auteur a dévoilé le fruit de quatorze années de recherches acharnées.
« Cet ouvrage n’est que le fruit de nos recherches. Il y a de cela 14 ans que nous sommes engagés dans une recherche pour déceler l’origine de certains styles musicaux diasporiques : le reggae, la salsa, le blues… », a-t-il confié en remerciant le CETEF pour cette invitation.
Une découverte qui change la donne
Et la conclusion est sans équivoque : le reggae puiserait ses racines en Afrique de l’Ouest, plus précisément au Togo. « Quand vous écoutez la musique reggae, vous allez entendre les rythmes traditionnels de chez nous comme l’Agbadja, le Blékété, l’Adéhoun, et même du Bobobo dans la forme évoluée qu’est le dancehall », a expliqué Ariel Dassanou, établissant des passerelles sonores entre les rythmes ancestraux togolais et les sonorités jamaïcaines.

Une résidence artistique, qui a sanctionné la fin des recherches, a vu naître cet ouvrage qui se veut bien plus qu’un simple document scientifique. « La preuve, je me suis basé sur ce livre pour créer le groupe ANCESTORS », a souligné l’auteur, démontrant par la pratique la validité de ses travaux. L’ouvrage est donc le manuel du groupe ANCESTORS.
Ancestral Groove : une identité musicale togolaise
Le groupe ANCESTORS, créé le 24 septembre 2025, incarne désormais cette identité musicale baptisée « Ancestral Groove ». Un style dans lequel « les codes et la spiritualité cachés dans nos rythmes traditionnels sont exploités, ainsi que les valeurs et les messages véhiculés ».
Mais au-delà de la musique, c’est une question d’identité culturelle qui est en jeu. « Aujourd’hui, quand un artiste togolais sort, il a du mal à se retrouver sur les scènes internationales car il y a plusieurs styles qui sont associés à des pays. Quand on prend par exemple le coupé-décalé, tout parle de la Côte d’Ivoire, idem du Congo pour la Rumba. Mais quand on parle du Togo, quel style, quelle couleur pouvons-nous brandir ? », a interrogé l’auteur, invitant à une appropriation de l’ouvrage.
Une reconnaissance internationale déjà tangible
La pertinence de cette démarche ne semble pas faire de doute. En moins d’un an, ANCESTORS a déjà sillonné la sous-région et l’international, avec des participations remarquées au Festival Sauti za Busara de Zanzibar et au Festival Mawazine du Maroc. Une tournée européenne est même prévue dans les mois à venir.
« La suite, c’est de promouvoir les résultats de cette recherche et permettre que nous puissions nous identifier dans cette recherche, permettre de créer une identité musicale togolaise, et par ricochet que les groupes musicaux togolais aient une couleur », a conclu Ariel Dassanou, invitant chaque artiste à faire « cette petite découverte ».
Un ouvrage qui pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire musicale du Togo et offrir enfin à ses artistes cette signature sonore qui leur permettra de rayonner sur la scène internationalele.
Edoh
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