
Le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur, Pr. Gado Tchangbedji, a donné ce mardi 03 mars 2026 à Lomé, le coup d’envoi de la conférence nationale dédiée au projet BASIS, en présence du Professeure Houzou-Mouzou Prénam, Présidente de l’Université de Kara (UK).
Ce projet change en profondeur la manière dont l’agriculture est enseignée dans les universités togolaises. BASIS oriente la formation agricole vers une approche pratique en milieu agricole afin de renforcer l’employabilité des diplômés en Afrique subsaharienne. Il marque une nouvelle étape dans l’ambition présidentielle de transformer structurellement le Togo.
Cofinancé par l’Union Européenne, ce projet rendu possible grâce à un partenariat solide entre l’Université de Kara, l’Université de Dresde en Allemagne et l’Université Catholique d’Afrique de l’Ouest – Unité Universitaire du Togo (UUT), ne se contente pas de réformer les programmes : il plonge les étudiants directement dans la réalité du monde agricole. Objectif: Mettre fin au décalage entre les bancs de l’université et les besoins des producteurs sur le terrain.
« Faire du capital humain le socle du développement »
Dans son discours, le ministre Gado Tchangbedji a rappelé la feuille de route gouvernementale initiée en 2020, qui place l’agriculture au cœur de la stratégie de création d’emplois et de souveraineté alimentaire. « L’ambition est claire : faire du capital humain le socle de notre développement », a-t-il insisté, saluant au passage le partenariat solide avec l’Union Européenne et les universités allemandes.
La méthode allemande qui bouscule les habitudes
M. Atti Tchabi, coordonnateur principal du projet, a détaillé la recette de ce succès. Ici, on ne commence pas par la théorie. Dès leur entrée en master, les étudiants passent six mois chez les agriculteurs. L’idée est d’observer, diagnostiquer les problèmes, et seulement ensuite, revenir à l’université pour chercher les solutions scientifiques adaptées.

Une méthode inspirée du modèle allemand qui porte ses fruits : la première promotion de 15 étudiants est déjà 100% insérée professionnellement. La deuxième promotion est en cours avec 19 étudiants, et cinq d’entre eux (sélectionnés sur critères) iront bientôt se perfectionner en Allemagne.
Au total, ce sont plus de 200 apprenants qui ont été touchés par le programme, dont une cinquantaine suivis de manière intensive sur le terrain. Le projet a également permis de formaliser des textes sur l’inclusion et le genre, et prépare l’ouverture d’un double diplôme avec l’Allemagne.
Des curricula repensés et une ouverture internationale
Le projet a permis de revoir en profondeur les curricula, en y intégrant une forte dimension professionnelle et pratique. « Nous avons introduit une approche beaucoup plus orientée vers la pratique afin de rapprocher davantage la formation des réalités du terrain. Cela nous a conduits à repenser la pédagogie dans le secteur agricole, en mettant l’accent sur le développement de compétences concrètes », a confié Professeure Prénam Houzou-Mouzou.
Elle a également mis en exergue l’impact du projet sur l’ouverture internationale des étudiants: «Grâce à BASIS, nos étudiants ont pu bénéficier de stages d’immnersion dans des structures modernes en Allemagne. Cette exposition leur a permis de découvrir d’autres méthodes de gestion et de production agricoles, renforçant ainsi leur expertise et leur employabilité ».
Un pont entre l’université, les producteurs et l’industrie
M. Ralf Schlauderer, partenaire technique européen, a résumé l’esprit de BASIS : « Faire de l’agriculture une discipline réellement appliquée ». Pour lui, le but est de créer un lien organique entre la recherche universitaire, les producteurs locaux et l’industrie agroalimentaire.
Le gouvernement togolais, par la voix du ministre, a promis d’examiner avec attention les recommandations issues de cette conférence pour « consolider, pérenniser et élargir » les acquis du projet. Une nouvelle preuve que l’agriculture togolaise ne se contente plus de cultiver la terre: elle cultive aussi l’excellence et l’innovation.
Edoh
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