A la une Diplomatie Ecofinance

Togo-Russie: à la PIA, l’ACP veut convertir l’intérêt russe en implantations industrielles

Alors que la première session intergouvernementale Togo-Russie commission mixte se poursuit s’achève, la question n’est plus de savoir si la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) est attractive, mais comment elle compte convertir l’intérêt russe en implantations effectives. C’est ici que l’Autorité de Coordination de la Plateforme (ACP) entre en jeu.

Dirigée par l’Administrateur général, le Colonel Idiola Sandah, cette structure ,point de contact central entre l’État togolais et les investisseurs, peut s’orgueillir de chiffres qui parlent.

Un bilan probant

Sur environ 410 hectares, la plateforme compte plus d’une vingtaine d’unités industrielles installées ou en cours d’installation, principalement dans l’agro-industrie et la logistique. Selon les données présentées par le Gouvernement, les entreprises agréées y ont investi près de 346 milliards de FCFA depuis 2020, pour environ 5 500 emplois créés.

Ces résultats sont ceux de la plateforme dans son ensemble. Mais c’est bien l’ACP qui en assure la coordination au quotidien, et qui peut les présenter comme la preuve que le modèle fonctionne. Ce succès repose sur un triptyque : simplifier, former, connecter.

Un guichet unique pour simplifier l’installation

Pour favoriser l’implantation des entreprises russes, l’ACP mise d’abord sur la simplification administrative. Elle a matérialisé cette ambition par une Charte de collaboration et d’accompagnement conclue avec les investisseurs, ainsi que par l’E-GUICHET, un outil destiné à fluidifier leurs démarches.

Pour des opérateurs étrangers, notamment russes en quête de visibilité administrative, ce guichet constitue autant un argument qu’un service. L’ACP se présente ainsi comme un point d’entrée unique, capable de traduire une intention d’investir en projet industrialisable, sans que l’investisseur ait à multiplier les interlocuteurs institutionnels.

Capitaliser sur la stratégie portuaire du Togo pour convaincre

La PIA s’inscrit dans un ensemble logistique en cours de modernisation. En juin 2026, la Banque mondiale a approuvé 200 millions de dollars pour moderniser le transport et la logistique, notamment la réhabilitation de la liaison ferroviaire entre le Port autonome de Lomé et la plateforme.

Le programme vise à consolider la position du Togo comme hub régional. Le pays met en avant son appartenance à l’UEMOA, à la CEDEAO, à l’OHADA et à la ZLECAf, soit un espace de plus de 460 millions d’habitants.

Pour les investisseurs russes, l’ACP peut présenter cet ensemble comme un package intégré : accès au site, simplification administrative, main-d’œuvre et connexion logistique.

Troisième levier: adapter la main-d’œuvre aux besoins des industriels

L’ACP entend également favoriser l’implantation russe en préparant le terrain humain. Le 28 septembre, soit la veille de la réception de la mission russe, elle a signé à la PIA un accord-cadre de partenariat avec l’Université de Kara, afin de rapprocher les étudiants du monde industriel, notamment par des visites d’entreprises.

Cette démarche rejoint un projet phare de la CCI-Togo à Adétikopé: l’Académie consulaire des métiers, dont le centre de mécanique automobile est pratiquement achevé et pour laquelle la Chambre cherche des partenaires russes en équipement et en transfert de technologies.

Là encore, l’ACP joue le rôle de courroie de transmission entre l’offre de formation et les besoins des industriels. Pour un investisseur russe, l’argument est concret : trouver sur place une main-d’œuvre qualifiée et un écosystème de formation aligné sur ses métiers.

Vers une coopération basée sur la coproduction

L’argument adressé à Moscou est clair. « Nous ne souhaitons pas seulement vendre et acheter ; nous souhaitons produire ensemble », a lancé le président de la CCI-Togo. En 2024, les importations togolaises en provenance de Russie se sont élevées à environ 97 millions de dollars, soit 3,3 % du total, avec une place majeure pour les engrais. Il souhaite voir davantage d’entreprises russes utiliser le Togo comme plateforme en Afrique de l’Ouest.

Le chef de la délégation russe, Maxim Petrov, a défendu pour sa part une relation fondée sur le bénéfice mutuel et le développement partagé. Il a rappelé que la représentation commerciale russe, active depuis trois ans, avait fait ses preuves au Nigeria et souhaitait transposer cette expérience au Togo.

L’ACP est prête à accueillir de nouveaux investisseurs et à les accompagner. La visite des investisseurs à la PIA dans le cadre de la session intergouvernementale Togo-Russi, constitue un premier test reussi. Pour la PIA, l’enjeu n’est pas seulement d’attirer : il est de convertir l’intérêt en implantations. Dans cette phase, l’ACP aura un rôle central d’interface entre l’État, les investisseurs et le tissu industriel togolais.

La rédaction

Pour vos reportages, annonces et publicités, contactez (00228) 91284171/79910266; E-mail: maximinayena@gmail.com

Vous aimerez aussi

Ecofinance

Conférence de l’UA sur la dette: l’Afrique fait un pas décisif à Lomé

Sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil de la République Togolaise, ministres, experts,
A la une Diplomatie

3ᵉ Conférence de l’APA à Lomé  : l’Afrique affirme sa souveraineté et redéfinit sa place dans le monde

Cette rencontre de haut niveau s’est tenue ce lundi 02 juin 2025 à Lomé, autour du thème « La place