
Le site d’informations Aux Nouvelles informe ce matin que Togbui Attissogbui Dzogbenyi Semekonawo IV, intronisé vendredi dernier Chef canton d’Aflao Sagbado est reparti ce jeudi avant l’aube, emportant avec lui le mystère d’un règne si bref qu’on le croirait presque une faute de frappe dans le grand livre des ancêtres.
Quatre jours! C’est le temps qu’il aura fallu pour que le destin se rappelle à l’ordre, comme un correcteur tatillon qui barrerait d’un trait rouge une ligne écrite trop vite. Mais retournons le kaléidoscope: et si ce n’était pas un décès, mais une réponse? Une réponse des coutumes à dix ans de vide, un avertissement sculpté dans l’argile du temps.
Voilà le paradoxe: ce canton qui réclamait un chef depuis une décennie n’a finalement supporté le sien que l’espace d’un week-end prolongé. Comme si le trône, en réalité, n’avait jamais eu faim de roi, mais seulement besoin de rappeler qu’il est un siège brûlant, pas un fauteuil de repos.
Certains habitants contestaient déjà la légitimité de l’élu, rappelant qu’un régent (« Agbota ») ne peut grimper les marches du pouvoir. Alors, le trône aurait-il entendu cette rumeur ? Aurait-il, par un réflexe ancestral, expulsé son occupant pour préserver une règle que les vivants avaient osé contourner ?
On n’intronise pas un chef comme on change une ampoule, surtout quand l’ombre des devanciers veille encore.
Ce règne flash, plus court qu’une lune, devient ainsi une fable : celle d’un pouvoir qui ne se prend pas, mais qui se reçoit – et qui, si on le force, se dérobe avec la discrétion d’un souffle.
Aflao-Sagbado se retrouve aujourd’hui avec une question plus vive que jamais : faut-il chercher un nouveau chef, ou apprendre à écouter ce que ce siège vide tente de dire depuis dix ans ?
En attendant, les proches de la famille royale observent, les notables se grattent la barbe, et les ancêtres, sans doute, sourient en coulisses. Car si la mort d’un roi est toujours un drame, celle d’un roi de quatre jours ressemble étrangement à une leçon de choses.
La rédaction
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