A la une Ecofinance

350 milliards de FCFA déjà investis : la PIA poursuit son extension

Bien plus qu’un amoncellement d’usines au nord de Lomé, la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) incarne une logique d’intégration économique. Conçue dès l’origine comme une zone économique spéciale (ZES) intégrée, elle incarne cinq ans après son inauguration, un écosystème où les activités – transformation agricole, textile, logistique, fabrication, matériaux de construction et services industriels – sont pensées pour interagir, afin de capter et de conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire togolais.

Un bilan opérationnel en phase avec le modèle intégré

Lancée en juin 2021 sur 400 hectares, la PIA a été bâtie pour rapprocher les matières premières des unités de transformation et mutualiser les infrastructures logistiques et administratives.

À la mi-2026, le pari est en bonne voie : 25 entreprises partenaires sont recensées, dont 12 déjà opérationnelles. Les investissements cumulés dépassent 350 milliards de francs CFA, générant 6 780 emplois directs – dont 6 441 occupés par des Togolais – avec une proportion de près de 80 % de jeunes et de femmes. Ces chiffres traduisent la vocation inclusive et ancrée de cette ZES, où l’emploi local et le transfert de compétences sont au cœur du dispositif.

Agro-industrie et textile : les piliers d’une chaîne de valeur complète

L’agro-industrie reste l’un des piliers majeursSoja, karité, noix de cajou, coton, céréales et fruits alimentent progressivement des lignes de transformation destinées au marché national et à l’export. Cette orientation répond à une faiblesse structurelle pointée par l’OCDE : l’agroalimentaire représente 46 % de la valeur ajoutée manufacturière du pays et 31 % de l’emploi industriel, mais les exportations transformées restent limitées.

En 2025, la PIA a ainsi exporté 90 000 tonnes de soja et 2 600 tonnes d’engrais vers la sous-région, illustrant le passage d’une logique de matière brute à une organisation intégrée où achat, transformation, stockage et commercialisation sont coordonnés sur un même espace.

Le textile constitue l’autre colonne vertébrale. L’ambition est de construire une filière complète, de l’approvisionnement en coton local jusqu’à la confection et l’exportation. Un parc textile et un centre de formation aux métiers de la confection sont déjà en place, et la phase 2 prévoit l’extension dédiée à la filature et à la confection, avec pour objectif de traiter davantage de coton produit au Togo.

La logistique joue un rôle clé dans cette architecture diversifiée

Entrepôts, stockage, parc à conteneurs, liaison directe avec le port autonome de Lomé et les principaux axes routiers assurent la continuité entre production, stockage et exportation. Cette fluidité réduit les goulots d’étranglement qui pénalisent les chaînes de valeur.

Par ailleurs, la ZES accueille délibérément des activités non agricoles ni textiles : chimie, recyclage, pharmacie, emballage, assemblage automobile, fabrication diversifiée et matériaux de construction. Cette diversification réduit la dépendance à un seul secteur et favorise la mutualisation des infrastructures, des services et des compétences entre entreprises voisines.

L’expansion et l’énergie : les conditions de la densification

L’enjeu pour les prochaines années est la densification de la plateforme. La phase 2, sur 270 hectares supplémentaires (dont 119 déjà aménagés), prévoit trois unités textiles et six unités de confection, avec une capacité de 30 000 tonnes de coton par an et quelque 20 000 emplois directs à terme pour ces seules filières.

L’énergie conditionne cette montée en puissance: un projet de centrale solaire est programmé pour renforcer l’approvisionnement électrique, adaptant la ressource aux besoins industriels tout en réduisant la dépendance aux sources conventionnelles.

Une dynamique d’interconnexion, pas de juxtaposition

Les autorités annoncent pour les années à venir une extension des infrastructures, l’arrivée de nouveaux investisseurs, le renforcement des chaînes de valeur locales et un effort accru sur les compétences et les transferts de technologie, avec 15 000 à 20 000 emplois supplémentaires visés.

L’efficacité de la PIA ne se mesure pas à la diversité de ses secteurs, mais à leur complémentarité opérationnelle. À travers l’agro-industrie, le textile, la logistique, la fabrication, la construction et les services industriels, cette zone économique spéciale affiche une vocation claire : créer un continuum entre production, transformation et distribution. Reste désormais à convertir cette concentration de filières en une réelle compétitivité sur les marchés national, régional et international.

Ognadon

Pour vos reportages, annonces et publicités, contactez (00228) 91284171/79910266; E-mail: maximinayena@gmail.com

Vous aimerez aussi

Ecofinance

Conférence de l’UA sur la dette: l’Afrique fait un pas décisif à Lomé

Sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil de la République Togolaise, ministres, experts,
A la une Diplomatie

3ᵉ Conférence de l’APA à Lomé  : l’Afrique affirme sa souveraineté et redéfinit sa place dans le monde

Cette rencontre de haut niveau s’est tenue ce lundi 02 juin 2025 à Lomé, autour du thème « La place