
Le Conseil interprofessionnel de la filière soja au Togo (CIFS-Togo), regroupant les trois grandes familles professionnelles, à savoir la Fédération Nationale des Coopératives-Productrices de Soja (FNCPS) ; Association Togolaise des Transformateurs de Soja (ATTS) et Association Nationale des Commerçants-Exportateurs du Soja (ANCES), a organisé, ce jeudi 5 novembre à Lomé, une journée portes ouvertes sur le soja.
L’occasion pour les producteurs, transformateurs, commerçants-exportateurs, représentants d’institutions publiques et partenaires de mesurer le chemin parcouru — la production est passée d’environ 25 000 tonnes à plus de 260 000 tonnes en huit ans — et de débattre des défis qui restent à relever : productivité, qualité, financement et transformation locale.
Renforcer la visibilité du CIFS-Togo et débattre des préoccupations majeures du secteur. Tel était l’objectif de la journée portes ouvertes organisée en prélude à la signature des accords interprofessionnels et au lancement de la campagne de commercialisation 2026-2027, prévus ce vendredi 06 novembre.
Au menu des échanges : l’amélioration de la productivité du soja togolais dans le respect des normes, l’amélioration substantielle de sa qualité, l’accès aux produits financiers et la satisfaction des besoins des unités de transformation. Autant de sujets qui conditionnent la capacité de la filière à transformer sa croissance en valeur ajoutée durable.
Une interprofession qui a structuré la filière
Dans son mot de bienvenue, M. Koriko Mounirou, président du Conseil d’administration du CIFS-Togo, a rappelé la genèse de l’organisation. « Depuis 2018, les acteurs de la filière soja ont choisi de s’organiser, avec l’appui du Secrétariat de mise en œuvre du Cadre intégré renforcé. Producteurs, transformateurs et commerçants-exportateurs se sont fédérés au sein du CIFS-Togo, à travers la FNCPS, l’ATTS et l’ANCES, avec une mission claire : défendre les intérêts communs de la filière », a-t-il déclaré.
Le bilan est éloquent. « En huit ans, la production est passée d’environ 25 000 tonnes à plus de 260 000 tonnes, et près de 200 000 ménages en vivent. Cette croissance est le fruit de l’engagement des producteurs, des transformateurs, des commerçants-exportateurs, des ministères de tutelle et des partenaires techniques et financiers. À tous, nous disons grand merci », a-t-il ajouté. Il a exprimé sa gratitude au gouvernement, à travers les trois ministères de tutelle — Agriculture, Commerce et Contrôle de la qualité, Promotion des investissements et Industrie — ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers, notamment la GIZ/ProComp, la Fondation Avril et le FSRP, pour leurs accompagnements « solides et multiformes ».
Le gouvernement veut transformer localement
Prenant la parole au nom du ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, son représentant a salué les « avancées remarquables » enregistrées dans la filière. « Elle a notamment enregistré une progression importante de sa production et de ses exportations, contribuant ainsi au rayonnement de notre agriculture sur les marchés internationaux. Cette dynamique mérite d’être saluée, car elle témoigne de l’engagement et des efforts consentis par l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur », a-t-il affirmé.
La filière soja constitue aujourd’hui, selon lui, « un véritable levier de développement économique et social ». Elle contribue à la création d’emplois, à l’amélioration des revenus des producteurs, des transformateurs et des commerçants, ainsi qu’au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.
Mais le gouvernement entend aller plus loin. « La vision du gouvernement repose sur un principe fondamental : ne plus nous limiter à exporter nos matières premières, mais transformer davantage nos productions localement afin de créer plus de valeur ajoutée dans notre économie », a-t-il insisté. Une orientation qui vise à créer des emplois, renforcer la compétitivité des produits, améliorer les revenus des acteurs agricoles et consolider la souveraineté économique du pays.
Pour y parvenir, plusieurs défis restent à relever : amélioration de la productivité, renforcement de la qualité, intensification de la concertation entre les acteurs, mobilisation des investissements et accès au financement. Le représentant du ministre a également appelé à renforcer les capacités des organisations professionnelles, à améliorer la gouvernance de la filière et à répondre aux exigences des marchés en matière de qualité, de traçabilité et de durabilité. Il a explicitement exhorté les institutions financières, les établissements de crédit et les compagnies d’assurance à développer des mécanismes de financement et des produits adaptés aux besoins des producteurs, des transformateurs et des commerçants.
Deux panels pour baliser les défis
Les travaux ont été nourris par deux panels. Le premier a porté sur le soja biologique et les exigences des marchés, notamment les normes européennes. Le second a traité de la productivité, du financement, de l’exportation et de la transformation locale. Ces échanges ont permis aux panélistes, aux participants et aux partenaires financiers de formuler des pistes d’accompagnement des coopératives, des entreprises de transformation et de commercialisation.
La journée portes ouvertes sera suivie, ce vendredi, de la signature des accords interprofessionnels et du lancement de la campagne de commercialisation 2026-2027. Organisée en prélude, la JPO donne à cette campagne une dimension plus économique, commerciale et institutionnelle.
Pour les acteurs de la filière, l’enjeu est désormais clair : passer d’une croissance en volume à une croissance en valeur, en consolidant l’organisation interprofessionnelle, en améliorant la qualité et la traçabilité, et en facilitant l’accès au financement. « L’avenir de la filière soja dépend de notre capacité à travailler ensemble, à mutualiser nos efforts et à transformer nos défis en opportunités », a conclu le représentant du ministre. Un mot d’ordre que le CIFS-Togo entend bien traduire en actes dès la prochaine campagne pour peut-être bien profiter de l’accord sanitaire d’exportation du Soja togolais en Chine.
Edoh
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