
Le Dr Kokou Wotobe, représentant le ministre de la Santé, de l’hygiène publiqu, de la couverture sanitaire universelle et des assurances, a ouvert ce mercredi à Lomé un atelier régional de formation des formateurs sur l’utilisation de l’acoziborole, nouveau traitement oral en dose unique contre la trypanosomiase humaine africaine à gambiense (THAg).
Organisé par l’Organjsation Mondiale de la Santé (OMS), cet atelier décisif réunit des responsables de programmes et des cliniciens de plusieurs pays endémiques d’Afrique francophone. Il vise à constituer un noyau de formateurs capables de démultiplier les compétences dans leurs pays respectifs.
Une innovation thérapeutique porteuse d’espoir
Dans son allocution d’ouverture, le Dr Kokou Wotobe, représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, a souligné l’importance historique de cette rencontre. « L’histoire de la lutte contre les maladies est aussi celle des progrès de la science, de la persévérance des professionnels de santé et de la solidarité entre les nations », a-t-il déclaré, avant de rappeler que des maladies longtemps considérées comme des fatalités ont reculé grâce à la recherche et à l’innovation.
La THA, qui sévit principalement dans les zones rurales reculées, a longtemps constitué une menace redoutable pour les populations africaines. « Au-delà des conséquences médicales, elle a profondément affecté des familles », a poursuivi le Dr Wotobe, en présence du représentant résident de l’OMS au Togo, le Dr Hamadou Nouho. Si des avancées remarquables ont été enregistrées ces dernières années, il appelle à ne pas relâcher la vigilance : « Faire reculer une maladie constitue une victoire, mais parvenir à son élimination et prévenir durablement sa résurgence représente une responsabilité plus exigeante».
L’introduction de l’acoziborole dans le protocole thérapeutique contre la THAg est une avancée scientifique et sanitaire majeure. « La possibilité de traiter les patients éligibles au moyen d’un médicament administré par voie orale en une dose unique ouvre de nouvelles perspectives dans la simplification de la prise en charge », a expliqué le représentant du ministre. Cette innovation devrait notamment faciliter l’accès au traitement pour les populations vivant dans des zones où les contraintes géographiques et logistiques constituent encore un obstacle majeur.
Un traitement prometteur mais encadré
Toutefois, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre rigoureuse. « La découverte d’un médicament ne constitue pas à elle seule une victoire sanitaire. Cette victoire ne devient réelle que lorsque le médicament est correctement utilisé, que les professionnels sont suffisamment outillés et que les patients bénéficient d’une prise en charge sûre, efficace et rigoureusement encadrée », a averti le Dr Wotobe.

Il a énuméré des exigences fondamentales : maîtrise des critères d’éligibilité et de non-éligibilité, connaissance des indications et contre-indications, respect des protocoles thérapeutiques et détection des effets indésirables. La simplification apparente d’une administration en dose unique ne doit pas occulter ces impératifs, a-t-il expliqué, souhaitant la bienvenue aux participants.
Dans cette optique, l’atelier permettra de renforcer les connaissances des participants sur les nouvelles recommandations de l’OMS, les caractéristiques pharmacologiques de l’acoziborole, le mécanisme de pharmacovigilance et les modalités de suivi des patients. Les aspects opérationnels liés à l’introduction du médicament dans les systèmes de santé nationaux seront également examinés.
« Former des formateurs, ce n’est pas seulement transmettre le savoir, c’est créer les conditions de sa diffusion », a souligné le Dr Wotobe, appelant à une transmission effective des compétences acquises à travers des formations en cascade adaptées aux réalités dans pays concernés.
Le Togo, pionnier de l’élimination
Le Dr Hamadou Nouhou, représentant résident de l’OMS au Togo, a salué l’engagement des pays participants et félicité le gouvernement togolais pour ses efforts remarquables. « Grâce à plusieurs décennies d’engagement, de surveillance et d’actions efficaces, le Togo a été le premier pays de la région à obtenir de l’OMS, le 22 juin 2020, la reconnaissance de l’élimination de cette maladie comme problème de santé publique », a-t-il rappelé. Une distinction qui illustre le chemin parcouru et l’espoir suscité par les nouvelles stratégies.

Le représentant de l’OMS a également insisté sur l’importance de la collaboration entre les pays francophones endémiques. « Cet atelier offre une occasion unique d’échanger sur les expériences, les défis et les bonnes pratiques, d’harmoniser les approches et de consolider l’expertise dans la lutte contre cette maladie en Afrique », a-t-il affirmé. Il a formulé le vœu que les compétences acquises soient mises à profit pour accélérer la mise en œuvre des nouvelles directives et garantir « l’utilisation efficace, sûre et rationnelle de cette nouvelle molécule au bénéfice des populations affectées ».
Vers une élimination durable
Alors que la THA recule grâce aux efforts conjugués des États, de l’OMS et des partenaires, l’introduction de l’acoziborole pourrait bien changer la donne. Mais comme l’ont rappelé les intervenants, l’innovation thérapeutique doit s’accompagner d’une vigilance sanitaire constante, notamment en matière de pharmacovigilance. « L’introduction de l’acoziborole doit impérativement s’accompagner de dispositifs rigoureux afin de garantir l’utilisation rationnelle et sécurisée du traitement », insistait le Dr Wotobe.
À l’issue de cette semaine de travaux, les participants repartiront avec un double défi : celui de former à leur tour les prestataires de santé de leurs pays et celui de veiller à ce que cette avancée scientifique se traduise concrètement par une réduction des souffrances et un rapprochement des services de santé des populations les plus vulnérables. Une responsabilité exigeante, mais porteuse d’espoir, à la hauteur de l’ambition commune : mettre fin à la maladie du sommeil en tant que problème de santé publique.
La rédaction
Pour vos reportages, annonces et publicités, contactez (00228) 91284171/79910266; E-mail: maximinayena@gmail.com


