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Surveillance épidémiologique en Afrique de l’Ouest: l’OOAS et l’Allemagne offrent des équipements de laboratoire à la Gambie

C’est dans l’enceinte flambant neuve du nouvel hôpital de Farato, construit grâce à un financement de la Banque mondiale, que l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) a officiellement remis, le 26 octobre 2026, des équipements de laboratoire à la Gambie. Un geste qui, sous son apparente routine diplomatique, révèle une mutation profonde : celle d’une coopération sanitaire ouest-africaine qui ne se contente plus de livrer du matériel, mais qui apprend à penser sa durabilité.

Un programme, une philosophie

Ces équipements s’inscrivent dans le Programme régional de renforcement de la surveillance épidémiologique à travers les capacités des laboratoires (PROALAB), financé par le Gouvernement allemand via la Banque allemande de développement (KfW). L’ambition affichée est triple : renforcer les capacités de diagnostic, améliorer la qualité et la fiabilité des services de laboratoire, et consolider la préparation face aux menaces de santé publique. Le tout en embrassant une approche « One Health », qui intègre santé humaine et santé animale dans un continuum indissociable.

Mais c’est peut-être dans le discours prononcé au nom de l’Ambassadeur d’Allemagne, S.E. M. Klaus Botzet, que se niche la véritable innovation. Loin des traditionnelles congratulations, le message insiste sur « la nécessité de garantir le bon fonctionnement et l’efficacité des équipements grâce à une maintenance régulière, à leur étalonnage, à la formation continue du personnel et à la mise en place de systèmes rigoureux de gestion de la qualité ». Autrement dit : le don n’est rien sans la vie qui l’entoure.

La maintenance, parent pauvre des politiques sanitaires

C’est un angle que peu de communiqués osent aborder frontalement. En Afrique de l’Ouest, les équipements de laboratoire offerts par les partenaires internationaux finissent trop souvent par dormir sous des housses, faute de pièces détachées, de techniciens formés ou de budgets de fonctionnement pérennes. La référence explicite à l’étalonnage, à la formation continue et à la gestion de la qualité sonne comme un avertissement à peine voilé : le véritable indicateur de succès du PROALAB ne sera pas le nombre de microscopes livrés, mais leur taux d’utilisation effective dans deux, cinq ou dix ans.

L’OOAS, sous la houlette de son Directeur Général, le Professeur Palokinam T. Pitche, semble l’avoir compris. En saluant l’engagement des autorités gambiennes et des professionnels de laboratoire, ainsi que les contributions complémentaires de l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA), le communiqué dessine une architecture de coopération à plusieurs étages — financier, technique, humain — où chaque partenaire apporte une brique complémentaire.

Farato, laboratoire d’une ambition régionale

La visite guidée de l’hôpital de Farato par le Professeur Pitche n’était pas qu’une formalité protocolaire. Elle a permis d’évoquer la troisième phase de l’appui financier allemand, notamment le projet « One Health and Pandemic Prevention », avec en ligne de mire la construction d’une unité chirurgicale au sein même de l’hôpital. Un signal fort : l’investissement dans le diagnostic n’est pas une fin en soi, mais la première étape d’une montée en gamme des infrastructures sanitaires gambiennes.

À travers cette remise d’équipements, c’est donc bien plus qu’une dotation matérielle qui se joue. C’est la démonstration que la coopération sanitaire ouest-africaine entre dans une phase de maturité, où la question n’est plus seulement « que livrer ? » mais « comment faire durer ce qui est livré ? ». Un changement de paradigme dont dépendra, en dernière analyse, la capacité de la région à répondre aux prochaines crises sanitaires.

Car comme le rappelle implicitement le communiqué, un laboratoire qui fonctionne vaut mieux que dix laboratoires équipés mais silencieux. Et c’est peut-être là, dans cette attention portée à l’entretien plutôt qu’à la vitrine, que réside la véritable innovation de cette journée du 26 octobre 2026 à Farato.

Edoh

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