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Togo/Journée Africaine de Lutte contre la Corruption: la 9e édition célébrée

Au Togo, la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA), a observé à travers une commémoration, la journée africaine de lutte contre la corruption, ce vendredi 11 juillet à Lomé.

Depuis 2017, cette date est célébrée au plan africain en référence à l’adoption de Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption (CUAPLC), le 11 juillet 2003 à Maputo en Mozambique. Entrée en vigueur le 5 août 2006, cet instrument s’impose aujourd’hui comme un socle juridique panafricain incontournable dans la lutte contre la corruption. Elle s’articule autour de quatre piliers stratégiques : la prévention, l’incrimination, la coopération internationale et régionale, et la création d’agences nationales indépendantes, à l’instar de la HAPLUCIA au Togo.

Le thème: “promouvoir la dignité humaine dans la lutte contre la corruption”, de cette 9e édition, rappelle que la protection doit être assurée même à toute personne objet de poursuites pour avoir commis une infraction de corruption. Selon M. ABA Kimelabalo, President de la HAPLUCIA, il revêt une portée profonde et stratégique, car il replace l’être humain au centre de la lutte contre la corruption.

“Il ne s’agit pas seulement d’un slogan, mais d’un appel à recentrer les politiques de lutte contre la corruption autour de l’humain, de sa valeur intrinsèque, de ses droits fondamentaux et de sa place dans la société. Ce thème a le mérite de rassembler : société civile, institutions publiques, communautés religieuses, secteur privé, syndicats professionnels, médias, tous peuvent y adhérer, car la dignité humaine est une valeur universelle, au-delà des clivages politiques ou idéologiques. Elle permet d’ancrer la lutte contre la corruption dans une cause noble, compréhensible et mobilisatrice. Promouvoir la dignité humaine dans la lutte contre la corruption, c’est refuser de réduire les êtres humains à des objets de transaction ou de manipulation”, a-t-il déclaré lors la cérémonie de commémoration.

A cette occasion, le Président de la HAPLUCIA, a également salué la volonté politique des plus hautes autorités togolaises sous l’impulsion de son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil, traduite par l’adoption d’une abondante législation et la création de plusieurs organes de contrôle, de régulation et de lutte contre la corruption qui renforcent la gouvernance publique.

La commémoration a eu lieu en présence, notamment du représentant du ministre des droits de l’Homme, de la formation à la citoyenneté et des relations avec les institutions de la République, du rapporteur de la HAPLUCIA, des membres de la HAPLUCIA, des représentants des organes et corps de contrôle et de régulation, d’autorités administratives et traditionnelles, des membres du cadre de concertation et de coordination sur la prévention et la lutte contre la corruption et les infractions assimilées, entre autres. La cérémonie a été rehaussée par la participation de compliance et risk officers, à Lomé dans le cadre de la deuxième Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers du Togo.

Au delà de la commémoration, la Journée africaine de lutte contre la corruption, est un moment fort d’engagement collectif et de prise de conscience sur la menace que constitue le fléau de la corruption pour l’avenir de l’Afrique. En effet, la corruption représente un obstacle majeur à la gouvernance démocratique, à la protection des droits humains et à la réalisation du développement durable sur le continent africain.

Les pertes financières liés aux activités illicites en Afrique sont passées à 90 milliards $ en 2025, soit l’équivalent de 3,7 % du PIB africain, d’après la Banque Africaine de Développement (BAD). Une mane financière qui pourrait être utilisé pour le développement de l’Afrique.

Cette journée invite aussi à un bilan pour afin de mesurer les avancées et à un plaidoyer en faveur d’une Afrique intègre, juste et prospère. 22 ans après son adoption, la convention de Maputo est très souvent méconnu et mérite d’être mieux portée à la connaissance des citoyens, des institutions et des partenaires du continent.

Du chemin a été parcouru. A ce jour, 48 des 55 États membres de l’Union africaine ont ratifié la Convention, témoignant ainsi de leur volonté politique de s’attaquer à ce fléau avec détermination. De même la quasi-totalité des pays du continent disposent d’au moins une agence gouvernementale spécialisée, chargée de coordonner et de conduire les actions anticorruption au niveau national. En parallèle, plusieurs États ont mis en place des structures complémentaires ciblant des aspects spécifiques de la lutte.

Mais beaucoup reste à faire pour endiguer le phénomène de la corruption en Afrique.

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