
Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a tenu ce 26 mars 2026 à Lomé, sa traditionnelle rencontre « Je dis politique », consacrée à un thème d’une brûlante actualité nationale : « Quelles solutions pour la corruption et la fraude au Togo ? ». Si le sujet avait été arrêté un mois avant les récentes révélations du journaliste Ferdinand Ayité, selon Robert Daté, Président du parti, il n’en reflète pas moins une réalité que le CAR juge alarmante : la montée en puissance de ces fléaux dans le pays.
Dans un climat de défiance croissante des citoyens envers les institutions publiques, le parti d’opposition a choisi de ne plus se contenter de constats amers. D’entrée de jeu, son président, Robert Daté, a tenu à écarter tout opportunisme lié à l’actualité immédiate, mais le fond du message était sans équivoque : la corruption gagne du terrain, et la fraude se banalise à tous les niveaux de la gestion des affaires publiques.
Des détournements massifs dans les communes
Dans une déclaration lue par M. Mawuéna Zomblewou, cadre du parti, le CAR a dressé un tableau sombre, illustré par des cas précis. Dans la préfecture de Yoto, plusieurs centaines de millions de francs CFA auraient été détournés au sein de certaines communes. Dans une commune de l’Ogou, l’équipe municipale sortante est accusée d’avoir emporté des biens appartenant à la collectivité, révélant une opacité croissante dans la gestion locale.
Des régies financières mises en cause
Plus inquiétant encore, des agents d’une régie financière de l’État – censée incarner la rigueur – seraient impliqués dans un enrichissement illicite. Selon le CAR, ces agents effectueraient des dépôts mensuels de sommes importantes sur leurs comptes personnels, symptôme d’un abus de confiance systémique dans des secteurs stratégiques.
Des taxes illégitimes et sans contrôle
Le parti s’est également interrogé sur la légalité de certaines taxes perçues sur les camions transportant du sable et du gravier, prélevées par des services rattachés au ministère des Mines. Une pratique qui, faute de transparence sur la destination des fonds, nourrit la suspicion généralisée.
Appel à une justice ferme et indépendante
Face à cette montée préoccupante de la corruption et de la fraude, le CAR ne se limite pas aux dénonciations. Il exige l’ouverture d’enquêtes indépendantes, la publication rapide des conclusions, ainsi qu’un audit complet de la gestion financière des 117 communes du Togo sur la période 2019-2025. Des sanctions exemplaires sont réclamées contre tout acteur reconnu coupable.
Des propositions pour endiguer l’hémorragie
Le parti de la refondation politique du Togo renoue avec sa tradition de force de proposition en remettant au cœur du débat la cogestion des ressources publiques, gage de transparence. Trois axes prioritaires ont été dégagés : un dialogue politique inclusif, des élections crédibles et transparentes, et une refonte de la gouvernance nationale. Autant de leviers indispensables, selon le CAR, pour restaurer la confiance entre les citoyens et leurs institutions, gravement érodée par la montée des pratiques frauduleuses.
Cette sortie médiatique confirme le positionnement du CAR comme un acteur politique qui refuse la banalisation de la corruption et entend peser, par la pertinence de ses analyses et la cohérence de ses propositions, dans la lutte pour l’intégrité au Togo.
Tinin
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