
Prennent part à cette réunion consultative de trois jours en vue de la création du Conseil consultatif de l’Union Africaine (UA) sur les migrations, les responsables des services d’immigration et de gouvernance des frontières des États membres.
Le Colonel Hodabalo Awaté, ministre togolais de l’administration territoriale, de la gouvernance locale et des affaires coutumières, a ouvert ce lundi 28 septembre 2026 cette rencontre qui s’inscrit dans un contexte où la question de la libre circulation des personnes et des biens demeure au cœur des préoccupations de l’UA, notamment dans la perspective de la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Le Togo, un choix symbolique et engagé
Dans son allocution d’ouverture, le Colonel Hodabalo Awaté a tenu à souligner la signification particulière du choix de Lomé pour abriter cette rencontre. « Le choix de Lomé pour abriter cette rencontre porte une signification particulière. Il traduit l’engagement constant du Togo en faveur d’une Afrique plus intégrée, plus connectée et davantage ouverte à la mobilité de ses citoyens », a-t-il déclaré.
C’était en présence du ministre des solidarités, du genre, de la famille et de la protection de l’enfance, Martine Moni Sankaredja, du Dr Sabelo Mbokazi, chef du département de la migration de la Commission de l’UA, des représentants d’organismes internationales tels que l’OIM, le PNUD, l’OMS, l’OIT, la GIZ; des Directeurs généraux, Directeurs, Chefs et Responsables des services d’immigration des États membres, d’autorités politiques, militaires, traditionnelles et leaders religieux.
Le ministre a également exprimé sa reconnaissance au Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, pour avoir autorisé et permis la tenue de cet événement dans la capitale togolaise. Cette décision témoigne, selon le ministre, de son attention particulière au renforcement de l’intégration africaine et à la recherche de réponses concrètes aux défis du continent.

« Sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, le Togo défend une vision de l’intégration africaine qui ne saurait rester au seul niveau des déclarations et des instruments institutionnels. Elle doit se traduire dans la vie quotidienne des africains, par la circulation des personnes, des biens, des capitaux, des compétences et des idées », a-t-il ajouté.
Le ministre a rappelé les propos du Président tdu Conseil lors de la rencontre de Biashara Afrika en mai dernier : « Le temps des textes et des accords cède peu à peu la place au temps de l’exécution. Le temps de la vision doit maintenant devenir celui des résultats. » Et d’ajouter : « Notre objectif doit être de faire de la ZLECAf un espace économique réel». Avant de conclure : « L’intégration régionale africaine devient désormais une nécessité économique et géostratégique».
Une mesure phare : l’exemption de visa
Le Togo a illustré son engagement en faveur de la libre circulation par une décision concrète. Le 18 mai 2026, le pays a pris la décision de dispenser de visa préalable les ressortissants de l’ensemble des pays africains, facilitant ainsi leur entrée sur le territoire national avec leurs passeports et l’obtention du visa à l’arrivée. Une mesure saluée par la ZLECAf et qui, selon le Colonel Awaté, « traduit concrètement notre volonté de faire de la mobilité un levier de rapprochement, d’échanges et de prospérité partagée ».
Cette initiative s’inscrit dans une conviction forte : « L’Afrique ne peut construire son unité avec des frontières qui séparent davantage qu’elles ne relient».
Vingt ans après le Cadre de politique migratoire
Le ministre a rappelé que cette réflexion intervient vingt ans après l’adoption du Cadre de politique migratoire de l’UA. « Nous disposons désormais du recul nécessaire pour apprécier les acquis, identifier les obstacles et imaginer les réponses adaptées aux nouvelles réalités migratoires », a-t-il souligné. Cette démarche s’inscrit dans la perspective de l’Agenda 2063 de l’UA, qui porte la vision d’une Afrique intégrée, prospère et pacifique, construite autour d’une communauté de destin et d’une mobilité accrue de ses populations.
Face aux réalités migratoires en constante évolution, façonnées par la croissance démographique, l’urbanisation, les transformations économiques et les crises environnementales, le ministre a appelé à une réponse collective « pragmatique, coordonnée et prospective ».
C’est dans cette perspective que la création du Conseil consultatif de l’UA sur les migrations intervient à un moment décisif. Ce conseil devra être un espace de concertation, d’expertise, de partage d’expériences et de coordination, au service d’une gouvernance africaine des migrations plus cohérente et plus efficace.
Des frontières intelligentes et coordonnées
Le Colonel Awaté a insisté sur le fait que la libre circulation ne signifie pas des frontières moins organisées. « Elle appelle, au contraire, des frontières plus intelligentes, plus coordonnées et plus performantes », a-t-il affirmé.
Les discussions à cette réunion consultative porteront notamment sur les systèmes intelligents et intégrés de gestion des frontières, la coopération entre les administrations, le partage sécurisé de l’information, l’utilisation des technologies et l’interopérabilité des systèmes. L’objectif étant de rechercher un équilibre indispensable : « des frontières qui protègent sans enfermer, qui sécurisent sans entraver, qui contrôlent sans décourager la mobilité ».
Le leadership du Togo salué par l’Union africaine
Pour le Dr Sabelo Mbokazi, chef du département de la migration de la Commission de l’UA, le choix du Togo pour abriter cette réunion est motivé par deux facteurs principaux.
« Nous sommes à l’Union africaine très ravis d’être ici à Lomé et ce qui a donc motivé le choix du Togo pour abriter cette réunion, c’est tout d’abord l’initiative corrigée de la carte de l’Afrique portée récemment par le Togo au niveau du Conseil des Nations unies qui a touché l’Union africaine. Deuxièmement, il y a la décision de l’exemption des visas pour les citoyens africains, à travers laquelle le Togo a ouvert ses frontières à tous les citoyens africains. C’est quelque chose qu’il fallait saluer parce que l’Union africaine est justement concernée par toutes ces questions de circulation de personnes et des biens », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que l’UA a mis au cœur de ses actions la question de la libre circulation. « Pendant les trois jours, nous serons là pour échanger spécifiquement pour la mise en place d’un conseil qui va porter sur les migrations », a-t-il précisé.
Partage d’expériences et mise en place du Conseil
Durant les travaux, le Togo partagera son expertise sur la question de l’exemption des visas pour les citoyens africains afin que les pays qui traînent encore le pas puissent aussi ouvrir leurs frontières. D’autres pays comme le Bénin et le Ghana, qui travaillent également sur la libre circulation, partageront leurs expériences. À l’issue des trois jours de travaux, les conclusions devraient aboutir à la mise en place du Conseil consultatif africain pour les migrations.
Le Dr Mbokazi a souligné l’importance de ce conseil pour la libre circulation des personnes et des biens dans le contexte de la mise en œuvre de la ZLECAf.
« La ZLECAf va être réglementée à travers ce Conseil… On a besoin donc que ce conseil soit mis en place pour faciliter vraiment les échanges commerciaux. Il y a aussi les intelligences, le savoir, le partage d’expériences, les connaissances. Et quand on parle de la zone de libre-échange, ce n’est pas seulement le commerce, il y a également des emplois qui vont venir pour les jeunes. Voilà pourquoi l’importance maintenant plus que jamais de mettre en place ce conseil consultatif sur les migrations au niveau de l’Union africaine pour gérer les questions de frontières, pour faciliter la circulation. Sans oublier le commerce intra-africain que nous devons promouvoir », a-t-il conclu.
Cette réunion consultative de Lomé marque une étape cruciale vers la concrétisation d’une Afrique plus intégrée, où la mobilité des personnes et des biens deviendra un moteur de croissance et de prospérité partagée, conformément aux aspirations de l’Agenda 2063 et aux ambitions de la ZLECAf.
Maximus
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