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Ghana: le cimetière qui donne envie d’être enterré

Direction Chiraa près de Sunyani dans la région de Bono au Ghana. Ici, pas de simples pierres tombales. Le cimetière local ressemble à un lotissement chic, avec des maisons modernes, des vitres teintées et même des climatiseurs. Surnommé « l’estate des morts », ce lieu défie l’imaginaire : un visiteur pourrait facilement croire qu’il se promène dans un quartier résidentiel huppé plutôt que dans un cimetière.

Une cité pour l’éternité

Le contraste est saisissant. Au lieu de tombes traditionnelles, on découvre des bâtiments à plusieurs étages, carrelés et équipés de portes italiennes. Sur les réseaux sociaux, des vidéos de ce cimetière sont devenues virales, montrant des sépultures dotées de rideaux et de systèmes d’éclairage dignes d’appartements modernes.

L’amour filial poussé à l’extrême

Derrière ces folies architecturales se cachent souvent des histoires poignantes. Un homme avait prévu de construire une maison à étage pour sa mère de son vivant. Malheureusement, elle est décédée avant l’achèvement des travaux. Plutôt que d’abandonner le projet, il a décidé de le réaliser sur sa tombe. C’est une manière de tenir une promesse, même au-delà de la mort.

Un prix exorbitant

Offrir une telle sépulture a un coût. Rien que pour une tombe « simple » dans ce cimetière, il faut compter environ 12 000 GHS (près de 900 euros). Mais si la famille veut construire un véritable petit bâtiment, la facture peut grimper jusqu’à 100 000 GHS (environ 7 500 euros), soit le prix d’une véritable maison pour les vivants.

Une pratique clivante

Cette tendance soulève un débat au Ghana. D’un côté, beaucoup y voient un profond signe de respect pour perpétuer l’héritage du défunt. De l’autre, des voix critiques dénoncent un étalage de richesse qui creuse les inégalités, même dans la mort, et consomme un espace déjà rare dans les zones urbaines.

À Accra, le cimetière chic des élites

Il ne faut pas non plus oublier le Gethsemane Memorial Garden, à East Legon (Accra), le cimetière prisé par les élites ghanéennes. Ici, le standing est plus feutré : pelouses impeccables et allées fleuries, pour une concession de 20 ans. Les tarifs, eux aussi, sont réservés à une clientère aisée.

Chiraa pousse le concept encore plus loin. Cet « estate des morts » est devenu une attraction en soi, interrogeant notre rapport à la mémoire, à l’argent et à l’au-delà. Comme l’a résumé un internaute, « on dirait qu’ici, les morts vivent mieux que les vivants ».

La rédaction

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