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Santé en Afrique de l’Ouest : l’OOAS orchestre l’harmonisation des formations infirmières et obstétricales

L’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) réunit du 29 au 31 octobre 2026 à Abuja, les acteurs de la formation en soins infirmiers et obstétricaux pour poser les bases d’un cadre régional harmonisé : critères d’accréditation communs, réglementation partagée, et surtout, un carnet de stage unique pour consigner l’expérience clinique des étudiants.

Derrière cet atelier régional se joue un enjeu que peu de patients percevront directement, mais qui pourrait transformer leur expérience des soins: l’harmonisation des diplômes d’infirmiers et de sages-femmes.

Le nerf de la guerre : la qualité, pas seulement le nombre

Face aux pénuries chroniques de personnel de santé, la tentation est grande de se concentrer sur les effectifs. Le Professeur Palokinam T. PITCHE, Directeur Général de l’OOAS, a tenu à renverser la perspective : accroître les effectifs ne suffit pas si la formation ne garantit pas des soins sûrs et de qualité. Un appel à des évaluations institutionnelles rigoureuses, à des environnements d’apprentissage clinique sécurisés et à des réexamens réguliers — autrement dit, à ne pas sacrifier l’exigence sur l’autel de l’urgence.

Un carnet de stage pour tracer les compétences

Parmi les outils en discussion, le carnet de stage harmonisé occupe une place stratégique. En consignant l’expérience pratique acquise lors des stages cliniques, de terrain et de fin de formation, il permettra une évaluation plus cohérente des compétences avant l’entrée dans la vie professionnelle. Un étudiant formé à Lagos, Dakar ou Bissau pourra ainsi voir ses acquis reconnus selon des critères comparables.

Briser les frontières linguistiques

L’un des défis majeurs de cette harmonisation réside dans l’intégration des établissements francophones, anglophones et lusophones au sein des collèges ouest-africains accrédités. L’initiative s’appuie sur les travaux déjà menés avec les États membres, le CAMES et les collèges professionnels ouest-africains. Le Professeur Muhammad Ali PATE, Ministre coordonnateur de la Santé du Nigeria, a rappelé dans son discours d’ouverture l’impératif de former des soignants capables de dispenser des soins « sûrs, efficaces et empreints d’humanité ».

La mobilité comme levier d’accès aux soins

L’ambition dépasse la simple harmonisation technique. La reconnaissance mutuelle des diplômes et de leurs équivalences facilitera la mobilité professionnelle des infirmiers et sages-femmes à travers la région. À terme, c’est l’accès des populations à des professionnels compétents et spécialisés qui devrait s’améliorer, y compris dans les zones les plus reculées.

Une feuille de route attendue

Les participants devront aboutir à des critères régionaux harmonisés et à une feuille de route consensuelle pour leur mise en œuvre. Un défi de taille : concilier des systèmes de formation divers, des législations nationales hétérogènes et des contraintes de ressources, tout en préservant un niveau d’exigence commun.Derrière les textes et les normes, l’objectif reste inchangé : qu’une femme qui accouche, un enfant qui a besoin d’un traitement ou une famille en quête de soins puisse compter sur des professionnels dont la compétence est reconnue partout en Afrique de l’Ouest.

Edoh

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