
La 2e réunion de l’année 2026 du Comité Technique de Concertation État-Secteur Privé (CTC-ESP) a eu lieu, le mardi dernier à Lomé. Au menu des échanges : le climat des affaires, la mobilisation des recettes et le développement du capital humain.
Présidée par le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, la rencontre a permis de dresser le bilan des activités menées ces trois derniers mois et de réaffirmer le rôle du secteur privé dans la transformation économique du pays, conformément à la Feuille de route gouvernementale 2026-2031.
Quatre axes prioritaires au cœur des discussions
Les travaux ont passé au crible les dossiers qui rythment le climat des affaires au Togo. Quatre priorités ont structuré les échanges entre le gouvernement et les opérateurs économiques.La mise en œuvre des organes de recours a fait l’objet d’un point d’étape, avec un accent sur l’effectivité de ces structures garantes d’un règlement rapide des litiges. La problématique des factures en instance de paiement des entreprises a également été abordée, afin de préserver la trésorerie du secteur privé.

Autre dossier sensible : le projet de révision des tarifs domaniaux au Port autonome de Lomé (PAL), pour lequel le secteur privé sollicite l’intervention du Comité. Enfin, le déploiement d’une charte d’intégrité et d’un guide de conformité, dispositif qui devrait être étendu à la quasi-totalité des grandes entreprises membres de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET).
« L’État ne peut pas tout faire seul »
Dans son intervention, le ministre des Finances et du Budget a rappelé la ligne directrice du chef de l’exécutif. « L’État ne peut pas tout faire seul et ne doit pas tout faire seul », a déclaré Essowè Georges Barcola, citant le Président du Conseil Faure Gnassingbé, qui plaidait en 2024 au sommet France-Corée de Séoul pour « la sécurité juridique comme la stabilité fiscale » et pour les partenariats public-privé.
Le ministre a souligné la volonté partagée de l’exécutif et du patronat de consolider un partenariat constructif. « Face aux défis du développement et aux ambitions que nous portons pour notre pays, nous devons davantage mobiliser le secteur privé en nous appuyant sur ses capacités d’investissement, ses compétences, son expertise et son savoir-faire », a-t-il confié.
M. Barcola a également évoqué la situation au Moyen-Orient et ses conséquences sur les chaînes d’approvisionnement internationales, notamment sur les prix du pétrole. Il a indiqué que le gouvernement a fait le choix de ne pas répercuter intégralement les hausses enregistrées sur les marchés mondiaux.
Le directeur général des Études et Analyses économiques, Ahodo Tchamdja, a pour sa part décrit une économie « résiliente », tout en appelant à la vigilance face aux tensions autour d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.
La SRMT 2027-2031 comme boussole fiscale
Au cœur des échanges figurait la Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (SRMT) 2027-2031, approuvée fin septembre. Elle doit servir de référence à toutes les réformes fiscales et douanières.

Le secrétaire général du ministère, Kpowbié Tchasso Stéphane Akaya, a justifié cette stratégie par « un écart important entre la pression fiscale actuelle, la norme communautaire et le potentiel du pays ». Les priorités : élargir l’assiette, moderniser et digitaliser le recouvrement et rationaliser les dépenses fiscales, sans nuire à la compétitivité.
Les recettes fiscales doivent passer de 1 043,7 milliards de Fcfa en 2026 à 2 109 milliards en 2031. « Il s’agit de mieux mobiliser, pas de surtaxer », a assuré M. Akaya. Un comité SRMT suivra la mise en œuvre, avec des évaluations prévues en 2029 et 2031.
Mise en garde sur les PPP
Le ministre Barcola a tenu à nuancer l’enthousiasme autour des partenariats public-privé. Ce n’est « ni un financement gratuit, ni un moyen de contourner les contraintes budgétaires », a-t-il averti.
Un PPP engage l’État sur le long terme et doit être préparé avec rigueur, a-t-il insisté.
Le patronat salue la régularité du dialogue
Le président du Conseil national du patronat du Togo (CNP-Togo), Laurent Coami Tamegnon, a salué la tenue régulière de ce cadre d’échanges. Il a remercié le ministre pour les arrêtés créant la Commission administrative de recours et la Commission administrative de règlement des litiges douaniers, qui renforcent selon lui la sécurité juridique et la prévisibilité pour les entreprises.
« Le dialogue entre les pouvoirs publics et le secteur privé demeure essentiel pour mieux anticiper les difficultés, identifier les opportunités et construire ensemble des solutions adaptées aux enjeux de notre économie », a-t-il déclaré.
Il s’est dit convaincu que c’est par un dialogue régulier, constructif et orienté vers des solutions concrètes que les parties prenantes pourront renforcer la confiance et soutenir durablement la croissance économique.
Le capital humain, priorité partagée
La réunion a également été marquée par une communication du ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, axée sur le développement du capital humain en lien avec la Feuille de route 2026-2031. Il en ressort que le secteur privé, à la fois espace majeur de création de compétences, de valeur, d’innovation et d’emplois, est le premier utilisateur des compétences produites par le système éducatif.
Le ministre a proposé sept axes pour impliquer le secteur privé dans la formation des compétences nécessaires au développement économique.
La rédaction
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