
Alors que s’ouvre dans la capitale togolaise, la première édition togolaise du Festival International Chant des Linguère, une évidence s’impose : pour toucher les cœurs, ébranler les consciences et impulser un changement durable, aucun langage n’est plus universel, plus puissant, que celui de la musique.
C’est autour de cette conviction que l’événement a été présentée ce mercredi 26 mars 2026 lors d’une conférence de presse à l’hôtel du 02 février à Lomé, en présence du ministre de la Culture, du Tourisme et des Arts, Issac Tchiakpé, de partenaires internationaux et d’artistes.
Portée par l’artiste sénégalaise Coumba Gawlo, l’initiative repose sur un principe fondateur : la musique n’est pas un simple divertissement, mais le plus efficace des vecteurs de communication. Elle seule peut, en une mélodie, porter un message, fédérer les foules et transformer en profondeur les mentalités.
La diva de musique sénégalaise et africaine, a appelé ses pairs à faire de leur art un levier de transformation sociale. La musique est le moyen le plus direct pour parler aux populations, expliquer, rassembler et agir, a-t-elle en substance expliqué.
À travers la figure des linguère — ces femmes de sang royal, leaders traditionnels — le festival utilise la voix des artistes comme amplificateur de sens. Car si les mots des décideurs peinent parfois à atteindre les consciences, une chanson, elle, entre dans les foyers, traverse les barrières et s’ancre dans les mémoires. C’est par cette puissance évocatrice que la musique devient le messager idéal pour sensibiliser aux problématiques sociales majeures : paix, sécurité, cohésion sociale, autonomisation des femmes, lutte contre les mariages précoces ou les mutilations génitales.
Pour cette première édition qui se déploiera du 26 au 28 mars à Lomé, plusieurs chanteuses africaines de renom — venues du Togo, du Burkina Faso, du Bénin, du Cameroun et de Mauritanie — incarneront cette synergie entre l’art et l’engagement. Leur présence sur scène ne sera pas seulement un spectacle, mais un acte de transmission.

Le programme a d’ailleurs été conçu pour que la musique soit au cœur de tous les échanges : concert populaire gratuit au marché de Cacaveli et forum à l’Université de Lomé, ce vendredi, et en apothéose un dîner de gala où des trophées seront décernés aux femmes leaders, demain samedi. Dans un contexte marqué par les conflits, la migration irrégulière ou la perte de repères, cibler la jeunesse via le forum universitaire ou toucher les communautés par le concert populaire revient à utiliser la musique là où elle est la plus puissante : au plus près des réalités humaines.
Créé en 2018 à Dakar au Sénégal ( trois éditions), le Festival Chant des Lingère s’inscrit dans une dynamique panafricaine déjà bien établie (Sénégal, Mauritanie, Mali, Guinée-Bissau, Burkina Faso). Au Mali où il y a déjà eu deux éditions, il figure même à l’agenda culturel national. Cette longévité prouve que, bien plus qu’un événement artistique, c’est un véritable mouvement sociétal dont la musique est à la fois le moteur et le messager.
En mêlant culture, plaidoyer et action sociale, ce festival affirme une ambition claire : faire de la musique le premier des vecteurs de communication pour promouvoir la paix, le respect des droits des femmes et des enfants, et la cohésion sociale en Afrique.
Edoh
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