Les Travaux Domestiques Non Rémunérés (TDNR), ceux des femmes en particulier, sont essentiels dans la croissance socio-économique nationale mais demeurent sous-estimés. Constituant le ciment social pour le progrès économique, les TDNR sont pourtant rarement pris en compte dans les macro-politiques nationales alors qu’elles constituent une charge économique et temporelle qui pèse sur les femmes et les jeunes filles, conséquence de normes sexospécifiques profondément enracinées. D’où l’urgence d’un plaidoyer stratégique pour la reconnaissance et la valorisation des TDRN au Togo.
La tenue à Lomé de l’atelier de dissémination des résultats et de présentation du projet de feuille de route sur le travail domestique non rémunéré et l’économie des soins au Togo ayant réuni, ce vendredi 22 août 2025 à Lomé, s’inscrit dans cette droite ligne. A l’initiative du Consortium régional de Recherche en Économie Générationnelle (CREG) et le Population Reference Bureau (PRB), à travers le projet Counting Women’s Work,en partenariat avec l’Association Aide et Action à la Veuve, à l’Orphelin et à l’Enfant Déshérité (AAVOED).
Les travaux ont permis, entre autres de clarifier le concept aux participants dont des parlementaires, de partager avec eux les résultats de la recherche sur le Travail Domestique Non Rémunéré (TDNR) au Togo et en Afrique de l’Ouest, et d’établir une feuille de route nationale de communication sur le TDNR.

Encore appelés les travaux de soins familiaux non rémunérés, le concept englobe les activités liées au bien-être des personnes (enfants. malades, personnes âgées, handicapés) ainsi que les tâches domestiques (cuisine, lessive, collecte d’eau, ménage, etc.).
Les études démontrent que les femmes assument près de 80% de la production domestique non rémunérée. Au Togo, cette production équivaut à 862 milliards de FCFA/an, soit 21,9% du PIB, dont 17,4% assurés par les femmes. Malgré une durée de travail quasi équivalente (8,7h/jour pour les femmes et 8,6h/jour pour les hommes), la charge des femmes reste beaucoup plus élevée en valeur. Le FMI et d’autres institutions estiment que la reconnaissance et la réduction de ce fardeau favoriseraient des gains macroéconomiques et une meilleure équité de genre.
” 40% de la création de richesse au Togo n’’est pas comptabilisé dans le produit intérieur brut. 31% de ces 40% de création de richesse est essentiellement produit par les femmes. Les hommes y contribuent pour 20%. Cela soulève des enjeux économiques et sociaux dans l’élaboration des politiques publiques. Et c’est pour cela nous chercheurs du CREG, nous nous sommes penchés sur la thématique pour mettre à disposition des outils méthodologiques permettant d’évaluer cette production de soins qui se réalise au niveau des ménages”, a révélé, dans son mot de bienvenue, le Dr Camille GUIDIME, économiste et chercheur principal au CREG, soulignant l’importance des résultats de recherches sur le TDNR, en termes d’élaboration de politique publique en faveur des populations et spécifiquement, des femmes.
“Les tâches domestiques pèsent lourdement sur les femmes et les jeunes filles. Leur lien indissociable avec le Travail Domestique Non Rémunéré, illustre combien ce travail, à la fois exigeant et essentiel, reste souvent invisible et sous-évalué dans les indicateurs de productivité et les politiques publiques”, a indiqué Me Kadjaka Abougnima Molgah Françoise, Présidente de l’ONG AAVOED, à l’ouverture des travaux.
L’objectif in fine est donc d’utiliser ces données probantes issues de la recherche pour influencer et améliorer les politiques économiques et sociales du Togo. Des recommandations et une feuille de route nationale ont été adoptées à cet effet par les diverses parties prenantes à l’atelier.
Edoh
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